Femmes du monde

23 décembre 2020 : Solidarité avec la députée brésilienne Isa Penna ! Signons la pétition de condamnation de son agresseur !

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La députée Isa Penna (PSOL de São Paulo) a été harcelée publiquement (devant les chambres parlementaires) par un membre du Congrès de droite. Suite à cet acte, une campagne de dénonciation a été lancée, qui exige que l’agresseur perde au moins son mandat.

Ce fait a déjà eu d’immenses répercussions au Brésil, ce qui a amené plusieurs membres du Congrès de différents partis et courants à confirmer le degré de misogynie et de violence dont souffrent les femmes dans l’action politique.

Le mouvement de solidarité avec Isa Penna est énorme. Elle a déjà ouvert une enquête policière et judiciaire contre l’agresseur, mais il n’est toujours pas certain que le Comité d’éthique de l’Assemblée du PS, qui compte une seule femme parmi ses sept composantes, se réunisse avant février !

Afin d’accélérer le processus, de faire en sorte que la commission de l’Assemblée se réunisse et sanctionne le député agresseur et de maintenir la lutte contre le harcèlement et le machisme dans les sphères politiques et sociales, une campagne internationale de pétition a été lancée.

L’Union des Femmes de la Martinique, qui combat toutes formes de violences contre les femmes dans la famille, dans le monde du travail et dans la sphère publique, porte son soutien solidaire de ISA Penna en relayant cette pétition :

  • demande la destitution du membre du Congrès harceleur
  • dénonce un système qui reproduit machisme et domination
  • vous invite à soutenir cette pétition envoyée par des féministes du Brésil et à envoyer votre signature et votre qualité à l’adresse suivante :

Ana C. Carvalhaes

anaccarvalhaes@gmail.com

Pour un monde solidaire avec toutes les femmes du monde

Quand les droits d’une femme sont attaqués, ce sont les droits de toutes les femmes qui sont remis en question 

PETITION :

JUSTICE POUR LA DEPUTEE BRESILIENNE ISA PENNA !

QUE FERNANDO CURY, L’ASSIEGEANT, PERDE SON MANDAT !

La députée Isa Penna, de l’Assemblée de l’État de São Paulo pour le PSOL, a été harcelée publiquement par le député Fernando Cury (du parti Cidadania) mercredi 16 décembre, devant les chambres de la chambre législative, au milieu de la session plénière extraordinaire où les députés discutaient pour voter le budget de cette unité de la fédération brésilienne.

L’enregistrement vidéo du harcèlement est disponible sur la chaîne YouTube de l’assemblée (https://www.youtube.com/watch?v=iLlRQZIj2pM). D’autre part, il est possible de vérifier que si Fernando Cury parle d’abord en tant que membre du Congrès (Delegate Olim), il fait un geste en direction de la congressiste Isa Penna – qui discutait avec le président de la Chambre, près du conseil d’administration. Cury se retourne pour parler avec Olim, qui tente de l’empêcher de s’adresser à nouveau à Penna avec sa main. Cependant, il ignore le geste de sa collègue, se tient derrière le corps de la députée, l’embrasse sans son consentement et lui touche les seins sur les côtés.  Il est immédiatement repoussé par elle.

Isa Penna est connue pour être active dans la lutte contre la violence à l’égard des femmes. Elle affirme que la violence de genre qu’elle a subie publiquement n’est malheureusement pas un cas exceptionnel, puisqu’elle a déjà été harcelée avec les députées Monica Seixas et Erica Malunguinho, du même parti, à de précédentes occasions. 

C’est précisément ce type de violence, qui est aussi une violence politique, qui empêche les femmes d’agir librement dans tous les espaces publics.

Lorsque notre collègue Marielle Franco a été exécutée, le message était clair :

Les femmes, en particulier les femmes noires, celles de gauche, celles qui ont un programme d’émancipation, seront continuellement persécutées. Et c’est encore le cas aujourd’hui avec la députée nationale Talíria Petrone – menacée de mort au point de devoir la garder cachée là où elle se trouve.

Jair Bolsonaro, l’actuel président du Brésil, lorsqu’il était député, a déclaré à la députée Maria do Rosario (PT) en 2003 : « Je ne vous viole pas parce que vous ne le méritez pas » et a réaffirmé publiquement la même absurdité en 2014.

Lorsque la députée Isa Penna a exercé les fonctions de conseillère municipale pendant un mois à la mairie de São Paulo en 2017, elle a été harcelée par le conseiller Camilo Cristófaro en huit jours seulement de mandat.

Depuis son entrée en fonction à l’Assemblée législative, elle est systématiquement harcelée, sous-estimée et attaquée en plénière et sur ses réseaux sociaux, où elle reçoit d’innombrables menaces de mort, ce qui l’amène à demander un renforcement de la sécurité.

La violence et la haine envers les femmes, les noirs et les LGBTQI sont une marque de la culture autoritaire qui envahit le pays. C’est pourquoi la lutte contre la violence à l’égard des femmes est au cœur de l’action d’Isa en tant que parlementaire.

Il est de notre devoir de veiller à ce que les prochaines générations de femmes puissent avoir plus de liberté. Que lorsqu’ils veulent s’exprimer, ils peuvent être respectés et entendus. Fernando Cury a commis une violence inacceptable à tous points de vue, mais surtout dans un domaine tel que le parlement, qui doit donner l’exemple à la société.

Nous devons donner à cette affaire une réponse exemplaire et énergique !

Isa Penna ne sera pas intimidée et continuera à être présente dans tous les espaces qui luttent pour la vie des femmes !

Soutenez l’exclusion du député Fernando Cury de la vie politique institutionnelle !

Ana C. Carvalhaes

anaccarvalhaes@gmail.com

55 21 99188-9404

Communiqué UFM – 23/12/2020

Décès de Gisèle Halimi

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L’UFM salue la mémoire de l’avocate et militante féministe d’exception

L’Union des Femmes de Martinique salue la mémoire de l’avocate et militante féministe Gisèle Halimi, morte le 28 juillet 2020, à l’âge de 93 ans. Femme d’exception et figure de la lutte pour les droits des femmes. Gisèle Halimi est un exemple d’engagement militant et citoyen. Elle a été pionnière dans la dépénalisation de l’avortement et la condamnation du viol. Elle a également lutté pour la dignité des peuple tunisien et algérien, et contre les crimes de guerre dont le viol.

Gisèle Halimi : avocate, militante et femme politique (par Annette Catayée)

Pour Gisèle Halimi, le féminisme est une lutte émancipatrice qui ne peut se passer de l’oppresseur. Il faut vivre avec les hommes.

Gisèle, Elise, Zeiza Taïeb est née le 27 juillet 1927 à la Goulette en Tunisie, d’une mère juive, Fortunée Metoudi et d’un père d’origine berbèr,e Edouard Taïeb. Famille traditionaliste dont le père a caché sa naissance pendant quinze jours car la naissance d’une fille était comme une malédiction.

A 13 ans, elle fait la grève de la faim ne voulant plus faire le lit de ses frères. Après des études au lycée de jeunes filles de Tunis, elle part faire des études de droit à Paris. Avocate à 21 ans, elle entre au barreau de Tunis en 1949 puis part poursuivre sa carrière à Paris en 1956.

Elle épouse, à 22 ans, Paul Halimi, administrateur civil du ministère français d’agriculture à Tunis.Paul est féministe et bien qu’elle épouse par la suite Claude Faux, ancien secrétaire de Jean-Paul Sartre, elle gardera toujours le nom de son premier époux. De ses deux mariages, elle a trois fils.

Avocate fortement  engagée, elle milite dans plusieurs causes : pour l’indépendance de la Tunisie, obtenue le 20 mars 1956, et de l’Algérie, obtenue le 5 juillet 1962. Elle dénonce la torture contre les militants algériens et sera arrêtée à Alger par les parachutistes français qui la menacent de mort. 

Elle préside la commission d’enquête sur les crimes de guerre américains au Vietnam. Elle sera sollicitée dans de nombreux procès politiques comme observatrice judiciaire en Espagne, en Grèce, au Maroc entre autres.

A partir de 1960, elle prend la défense de Djamila Boupacha, militante du Front de libération national algérien que l’on accuse d’avoir posé une bombe à Alger. Djamila est violée, torturée. Condamnée à mort le 28 juin 1961, elle est amnistiée et libérée le 21 avril 1962. C’est le dernier grand procès de la guerre d’Algérie où Gisèle Halimi est grandement médiatisée.

Avec Elisabeth Badinter, elle combattra pour la reconnaissance des tortures infligées aux femmes lors de la guerre d’Algérie.

En 1971, elle signe le « Manifeste des 343 » femmes connues et inconnues qui s’accusent d’avoir avorté. Gisèle Halimi est alors la seule avocate, et risque de poursuites pénales. Publié dans le Nouvel Observateur, le manifeste est un véritable coup de tonnerre dans l’opinion publique.

En juillet de la même année, elle fonde le mouvement « Choisir la cause des femmes » avec le soutien de Simone de Beauvoir qui devient la première présidente, et avec l’académicien Jean Rostand, la romancière Christine Rochefort et le prix Nobel de médecine Jacques Monod.

Au procès de Bobigny en 1972, les militantes de « Choisir »  manifestent devant le palais de justice.  Gisèle Halimi obtient la relaxe d’une jeune fille de 16 ans qui avait avorté après un viol. Ce procès retentissant aidera à l’évolution de la loi Veil.  

Devant les assises d’Aix en Provence en 1978, Gisèle Halimi défend deux jeunes filles (de 19 et 24 ans) victimes d’un viol collectif, dans une calanque à Marseille. Les deux touristes belges ont subi un calvaire pendant 5 heures dans la nuit. Trois hommes sont arrêtés et poursuivis pour coups et blessures et attentat à la pudeur : de simples « délits ». Après une longue errance judiciaire (les viols ont eu lieu en 1974), les victimes font appel à Maître Gisèle Halimi connue depuis le procès de Bobigny. L’avocate refuse le huit clos et décide de faire d’Aix un procès d’utilité sociale. Deux jours de débats contre Gilbert Collard qui défend les accusés, lesquels écopent de 6 et 4 ans de prison.                                                                                                                        

Les médias et les féministes étaient dans la rue, «  Choisir » en avant, soutenant la présidente pour obtenir une lourde peine.  

Ce procès a marqué l’histoire en ouvrant la réflexion sur une nouvelle définition du viol en droit français. Il contribuera à l’adoption de la loi de Simone Veil en 1980 : loi qui définit clairement le viol et l’attentat à la pudeur comme des crimes et non plus comme des délits.

De 1971 à 1980, date de l’adoption de la loi défendue par Simone Veil, « Choisir » et le groupe « Information-santé » sont les éléments moteurs de la mobilisation pour le droit à l’avortement.

 « Choisir », un mouvement pour la dépénalisation de l’avortement, est devenu une association de loi 1901 spécialisée dans les droits des femmes. Gisèle Halimi élabore la « Clause de l’Européenne la plus favorisée » afin d’établir à partir des droits des femmes dans l’Union Européenne, un ensemble législatif constitué des meilleures lois existant dans l’U.E. et applicables à toutes les citoyennes européennes. C’est un travail de réseau et le fruit de multiples rencontres entre 2007 et 2008. 

Sa volonté  sera de faire avancer la Clause au sein du Parlement Européen. L’Assemblée Nationale française a adopté le texte le 23 février 2010. C’est un vote historique pour les femmes et pour l’Europe dit Gisèle Halimi toujours présidente de Choisir. Le meilleur de l’Europe est en marche, reste à ce que « la Clause » dans le droit de l’Union uropéenne soit possible un jour si les politiques s’en emparent.

Son parcours politique

1981 à 1984 : élue députée dans l’Isère (apparentée socialiste) elle fait voter la réforme que prêtent aujourd’hui les jeunes avocats : elle met l’accent sur la dignité, l’humanité et la conscience en expurgeant les « bonnes mœurs » et le sureté de l’Etat.

1985 à 1986 : ambassadrice de la France à l’UNESCO.

1994 : elle rejoint Jean-Pierre Chevènement sur sa liste pour les élections européennes.

Le 23 février 2010, en la présence de Gisèle Halimi, une résolution européenne est adoptée à l’Assemblée Nationale. Elle vise l’harmonisation des législations européennes concernant les droits des femmes, la parité… suivant une idée qu’elle a émise en 1979 lors de la première élection du Parlement européen au suffrage universel.                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                 

Ses publications (liste non exhaustive)

1962 : Djamila Boupacha avec Simone de Beauvoir

1971 : Le procès de Burgos (procès de 16 nationalistes basques)

1973 : Choisir la cause des femmes 

1978 : Viol-Procès d’Aix Choisir la cause des femmes       

1988 : Le lait de l’oranger (hommage à son père)

1997 : La nouvelle cause des femmes

1999 : Fritna (surnom de sa mère)

2002 : Avocate irrespectueuse

2006 : Le procès de Bobigny – choisir la cause des femmes préfacée par Simone de Beauvoir

2006 : la Kahina (reine berbère)

2009 : Ne vous résignez jamais

2010 : Entretien sur parcours d’avocat(e s) 

2011 : Histoire d’une passion (avec sa petite fille)

Ses décorations

2006 : Officier de l’ordre national de la Légion d’honneur

2009 : Commandeur de l’ordre national du Mérite reçu le 13 avril 2010 des mains du Pr Axel Kahn 

2013 (janvier) : Commandeur de l’ordre national de la Légion d’honneur