Droits de Femmes

Nouvelle-Calédonie : la mobilisation a payé !

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A la suite de l’avalanche de dénonciations et de protestations, à sa promotion-nomination en tant que numéro 1 de la gendarmerie en Nouvelle-Calédonie, le colonel Éric Steiger, condamné pour violences conjugales, en toute connaissance de sa hiérarchie, a demandé à être relevé de ses fonctions.

Son épouse et victime a relaté dans un long article à Mediapart son calvaire de violences psychologiques puis physiques depuis près de 20 ans.Le ministère de l’intérieur et la gendarmerie n’avaient jusqu’à ce jour pas vu de problème à la nomination du colonel condamné. Nos camarades féministes de Femmes en colère ont quand même maintenu leur mobilisation samedi matin « en solidarité à sa femme et à toutes les femmes victimes de violences, et aussi pour le principe d’envoyer un cogneur de femme en pensant que leur pays est une « déchèterie » ».

Alors, la violence envers les femmes « grande cause nationale » ? Ou les Outremers territoires de seconde zone où on peut envoyer n’importe qui ?

Merci à toutes celles et ceux qui ont témoigné leur indignation et leur soutien au communiqué de l’UFM !

Nouvelle-Calédonie : un colonel promu à la tête de la gendarmerie après avoir été condamné pour violences conjugales

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[COMMUNIQUÉ 20 AOÛT 2021]

Un colonel a été promu à la tête de la gendarmerie de Nouvelle-Calédonie en juillet 2021 après avoir été condamné un mois plus tôt pour violences conjugales.

L’Union des Femmes de Martinique joint sa voix à celle de nos camarades féministes partenaires « Femmes en colère », des élu.es et de la population de Nouvelle Calédonie, pour dénoncer la nomination-promotion d’un gendarme condamné pour violences conjugales en Nouvelle Calédonie. 

Comment comprendre que l’Etat français accepte de garder en son sein des gendarmes qui devraient être exemplaires ? Est-ce compatible avec « la grande cause du quinquennat » rappelée à maintes reprises par le président de la république ? Comment comprendre la timidité du ministre de l’intérieur sur ces questions ? 

Pire, comment accorder une promotion à l‘un d’entre eux, reconnu coupable de violences conjugales !? Eux qui sont eux-mêmes appelés à recevoir des femmes victimes de violences. Quand on sait le rôle clé que jouent la police et la gendarmerie, dans le parcours des victimes, quel traitement impartial peuvent-ils avoir pour ces femmes et leurs auteurs ? 

En mai dernier, il a été montré en France qu’un policier condamné pour violences conjugales avait traité de façon légère la plainte d’une jeune femme victime, qui a ensuite été tuée de façon atroce par son conjoint (Merignac). 

Cette fonction est-elle compatible avec ce type de délit ? 

De surcroît, les statistiques montrent que nos territoires des outremers sont encore plus durement touchés par les violences conjugales. Comment comprendre qu’ils y soient mutés ? Serions-nous des territoires de seconde zone ? 

Nous savons de plus, que souvent les gendarmes qui ont des carrières dans les outremers sont mutés successivement dans les différents territoires. 

Nous avons vécu en Martinique le cas d’un colonel de gendarmerie mis en cause pour violences conjugales. 

Nous soutenons la manifestation organisée par « Femmes en colère » ce samedi 21 août 2021 devant la gendarmerie Meunier de Nouvelle Calédonie. 

Ci-dessous le communiqué du collectif Femmes en colère de Nouvelle-Calédonie.

Mémoire : 5 avril 1971, le manifeste des 343, un acte de désobéissance civile

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Le 5 avril 1971, le Nouvel Observateur crée le scandale en France avec un numéro qui révèle les noms de 343 femmes révélant avoir avorté illégalement. La contraception, légalisée depuis 1967, est quasi inexistante et l’Église comme l’Ordre des médecins refusent toute idée d’une modification de la loi de 1920 qui interdit l’avortement.

Or, les femmes avortent quand même. Les plus aisées partaient à l’étranger, celles qui n’ont pas les moyens ont recours à toutes sortes de pratiques dans des conditions humaines déplorables et au péril de leur vies.

Ce 5 avril 1971, Le Mouvement de Libération des Femmes (MLF), pose un acte de désobéissance civile et pour la première fois la question d’un « droit à l’avortement » est posée sur le devant de la scène. Cet acte de bravoure sera suivi des procès de Bobigny d’octobre – novembre 1972, Michèle Chevalier mère de Marie Claire (16 ans) dénoncée par son violeur pour avoir pratiqué un avortement clandestin et quatre autres adultes sont défendues par Gisèle Halimi. Elles seront toutes relaxées ou condamnées à des peines symboliques. L’année d’après, ce sont 331 médecins qui déclarent avoir aidé des femmes à avorter en toute illégalité. 

Ces événements vont ouvrir la voie à la dépénalisation de l’avortement qui fut le combat de Simone Veil (membre du MLF), ministre de la Santé sous la présidence de Valéry Giscard d’Estaing.   

Le 20 décembre 1974, l’Assemblée nationale composée de 492 députés dont 482 hommes, vote la loi Veil qui sera promulguée le 17 janvier 1975 à titre expérimental. Il faut attendre le 31 décembre 1979, pour qu’elle soit définitive. 

50 après ce sujet reste encore d’une brulante actualité à travers le monde.

Désormais, l’autorisation de l’IVG semble aller de soi. Pourtant, ses opposants n’ont jamais désarmé et ne cessent même de se renforcer. 

Encore interdit dans une quinzaine de pays, l’avortement demeure limité de façon extrêmement stricte dans de nombreux autres. Mais on assiste aussi à des retours en arrière.  C’est le cas au Honduras où le 21 janvier 2021 le parlement a voté un amendement à la Constitution afin d’empêcher l’évolution de la loi. 

En Amérique centrale, l’Argentine fait figure d’exception pour avoir obtenu après de hautes luttes, le 30 décembre 2019 la dépénalisation de l’IVG. 

En Pologne de 1958-1998, l’IVG qui était complétement légalisée et gratuite, n’est possible aujourd’hui que dans trois cas : si la vie de la mère est en danger, si elle a été victime d’un viol et en cas de malformation du fœtus. Rappelons que cette dernière condition a été maintenue grâce aux fortes mobilisations d’octobre 2020. 

En France, les conditions et les délais pour une IVG restent très inégaux (fermeture de centres), et le mouvement anti-IVG utilise des ruses (faux sites d’informations) pour décourager les femmes.

L’avortement demeure un tabou qui n’est pas réglé. Outre les états des Etats-Unis où l’IVG est fortement découragée, nous avons à nous questionner sur les programmes d’accès à la contraception qui se décident aux EtatsUnis. Durant la présidence de Donald Trump pendant quatre ans, un certain nombre de ces programmes furent laminés parce qu’il menaçait certains états de ne plus recevoir d’aide du FMI et de la Banque Mondiale. A la dernière commission mondiale de la condition des femmes (mars 2021), la Russie, qui avait toujours soutenu ces programmes a décidé d’abandonner la priorité Egalité FemmesHomme pour accorder la priorité à la famille, c’est-à-dire rejoindre les états religieux !

Nous assistons véritablement à un retour de valeurs conservatrices, d’une société dans laquelle les femmes verraient leurs droits se restreindre et seraient à nouveau enfermées dans des rôles de femmes au foyer, de mères… 

Le droit à l’avortement, de pouvoir disposer librement de son corps est la cause féministe par excellence et un droit fondamental. L’accès à l’avortement répond à une question politique : qui a le droit de décider de la fécondité des femmes ? 

Parce qu’il y a une crise sanitaire, on pense que le droit à l’avortement est moins important.

Simone de Beauvoir disait : « n’oubliez jamais qu’il suffit d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes vote vie durant ». 

En pleine pandémie, de récentes et inquiétantes actualités nous rappellent que le droit à disposer de son corps n’est jamais acquis pour les femmes. 

Pendant le confinement, il a fallu que des associations et des professionnel·les de santé rappellent que l’avortement était un soin d’urgence et qu’il était plus qu’essentiel. 

De manière très décomplexée, 32 pays viennent de faire une « déclaration pour la santé de la femme »alors qu’ils sont en réalité contre, car celle-ci remet justement en cause le droit à l’avortement ! 

«  Ces droits ne sont jamais acquis. 

Vous devrez rester vigilantes vote vie durant ».

Il nous parait important de revisiter cette page de l’histoire du féminisme en France, écrite par un collectif de femmes célèbres, des ouvrières, des employées, et des anonymes, mais aussi et surtout de transmettre à notre jeunesse l’urgente actualité des propos de Simone de Beauvoir « n’oubliez ….Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devrez rester vigilantes votre vie durant ». 

Zone de Texte: Pour aller plus loin un livre de transmission pour montrer aux plus jeunes que rien n’est jamais acquis :

Dates-clés

Le 31 juillet 1920, est votée par 521 députés contre 55 la loi qui interdit l’avortement et la contraception. Le but de cette loi est démographique. L’avortement est puni d’un emprisonnement pouvant aller jusqu’à 10 ans et d’une amende jusqu’à 72 000 francs. Le fait de divulguer ou d’offrir des procédés contraceptifs est passible de 6 mois de prison et de 100 à 5 000 francs d’amende. La formation à la contraception durant les études médicales est également interdite.

En 1942, sous Pétain, l’avortement devient un « crime contre l’État » passible de la peine de mort.

En 1943, une femme pratiquant des avortements est guillotinée.

En 1967, autorisation de la contraception. La contraception est légale, pas le fait d’en parler.

Juin 1970 : proposition de loi autorisant l’avortement en cas de risque pour la vie de la mère, viol ou malformation incurable de l’embryon.

1970 : création de « Laissez-les vivre » par le professeur Lejeune.

Le 5 avril 1971, publication dans Le Nouvel Observateur du manifeste où 343 femmes ordinaires et célèbres déclarent avoir avorté.

Novembre 1972 : procès de Marie-Claire, 16 ans et de sa mère. Défense assurée par Gisèle Halimi qui a fondé l’association « Choisir. La cause des femmes ». C’est une période de combat des femmes, sans soutien politique.

En 1973, le Planning familial commence à pratiquer des avortements clandestins. Le MLAC (Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception) est créé la même année, pratique des avortements sans s’en cacher, et apprend la technique à tous ceux et celles qui le souhaitent.

17 janvier 1975 : promulgation la loi Veil qui autorise et médicalise l’avortement. N’abolit pas la loi de 1920 et n’est valable que pour cinq ans, avant évaluation. L’avortement est interdit aux femmes étrangères, et n’est pas remboursé. En 1979-80, la loi est votée définitivement. La mise en place dans les hôpitaux est longue et se heurte à la désapprobation de nombreux membres du corps médical.

4 décembre 1974 : loi sur le remboursement des contraceptifs.

31 décembre 1982 : vote de la Roudy, qui autorise le remboursement de l’IVG.

1993 : loi Neiertz qui prévoit des peines d’amende et d’emprisonnement pour le délit « d’entrave à l’IVG ». Une des lois répressives les moins appliquées.

4 juillet 2001 : loi autorisant l’avortement hors établissement médical, allongeant le délai légal de deux semaines, supprimant l’autorisation parentale pour les mineures. Les chefs de service d’un hôpital public devront assurer l’organisation des IVG. L’entretien préalable avec un psychologue avant l’IVG n’est plus obligatoire. La publicité et l’information sur l’IVG ne sont plus interdites. Le décret d’application pour l’IVG médicamenteuse, en cabinet médical, n’est paru qu’en juillet 2004.

Union des Femmes de la Martinique – 31 mars 2021

8 MARS 2021 : UNE MARCHE ET TROIS DRAPEAUX HISSÉS POUR LES DROITS DES FEMMES

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Lundi 8 mars, le collectif Sanblé pour palantjé dwa fanm initié par l’UFM a défilé dans les rues de Fort-de-France pour la journée internationale de luttes de droits des femmes. Une centaine de personnes, mobilisées pour l’occasion, a formé la chaîne de la solidarité au son des tambours avant des hisser trois drapeaux sur les 8 mars. Par cette action fédératrice, les différents associations et syndicats* espèrent à faire avancer les mentalités sur les droits des femmes dans notre pays.

En marge de cette action, l’UFM a posé des panneaux de revendications sur les grilles de la mairie de Fort-de-France, de l’Espace Camille Darsières, du marché et du Bd général de Gaulle. Une mini-exposition sur l’historique du 8 mars et lesactions de l’UFM est visible à la Maison des Syndicats jusqu’à la fin du mois de mars. Enfin, une conférence en ligne regroupant 15 féministes de différents pays, dont Angela Davis, a été suivie par 85 personnes.

*Le collectif est composé de :

  1. ALEFPA ;
  2. Association Saint-Georges de la Batelière ;
  3. Artis an nô ;
  4. Bâtons rouges de Ducos ;
  5. CDMT ;
  6. Chemin d’avenir ;
  7. CGTM ;
  8. Cœur Santé Martinique ;
  9. Inner Wheel ;
  10. KAP Caraïbes ;
  11. Ma tété ;
  12. SNES FSU ;
  13. FSU ;
  14. UPEM.

Incestes, viols, agressions sexuelles : parler pour se libérer et protéger les autres !

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L’Union des Femmes de Martinique salue à nouveau le courage qu’il a fallu à Barbara Glissant, Karine Mousseau et Valérie Fallourd pour révéler publiquement leur histoire douloureuse d’agressions sexuelles incestueuses qu’elles accusent Marc Pulvar d’avoir perpétrées dans leur enfance. Alors que cette dénonciation d’inceste secoue la société martiniquaise – puisqu’elles dénoncent un homme public respecté et reconnu dans le milieu anticolonialiste et syndical – , l’UFM n’est pas étonnée que de telles révélations surviennent des décennies plus tard : elles font partie du processus de guérison. Nous appelons au respect de la parole des victimes, à l’empathie et à la solidarité.

Pourquoi les faits d’agressions sexuelles sont-ils dénoncés des décennies plus tard ?

Nous recevons régulièrement des victimes ayant fait un déni de viol. Leurs souvenirs leur remontent plusieurs décennies après ! Ces femmes peuvent mettre enfin des mots sur leur parcours de souffrance…

Les psychologues et psychiatres parlent de mémoire traumatique chez les victimes de violences et de viols. Ce phénomène psychique explique pourquoi les victimes oublient l’évènement traumatique et que les souvenirs ressurgissent à l’âge adulte à la faveur d’un évènement déclencheur. Au lieu d’être mémorisé sous la forme d’un souvenir autobiographique, que l’on peut raconter au moment où on le décide, l’agression est mémorisée dans une mémoire traumatique et se retrouve isolée des autres souvenirs. Elle est dissociée de la mémoire autobiographique, de la mémoire habituelle. La mémoire traumatique peut contenir seulement certains composants de l’évènement traumatique (images, sons, sensations corporelles, pensées…) qui reviennent comme des flash back. 

D’autres facteurs expliquent le long silence des victimes de violences sexuelles : la honte, le sentiment de culpabilité de faire exploser la famille, le sentiment d’isolement (chacune croit être la seule), la peur de s’attaquer à quelqu’un de connu et respecté par la société, l’urgence de survivre et de faire face aux conséquences psychologiques et physiques…

Oui, les violences sexuelles envers les petites filles et les femmes existent dans toutes les sociétés, mais en particulier dans notre société construite sur le droit de vie et de mort sur les esclavisé·es, et le droit de cuissage sur les esclavisées, nous savons combien cette pratique d’alors s’est perpétuée dans le temps par de trop nombreux hommes, ayant profité de leur position sociale privilégiée, ou du terrible adage familial « ou pa ka élivé chouval pou ofisié montey » …


Parler fait partie du processus de guérison 

Dépressions, tentatives de suicide, addictions, maladies, relations sociales perturbées, cauchemars… tel est le calvaire que vivent les victimes. Parler, dénoncer les faits, c’est le début d’une reconstruction possible à partir de la reconnaissance de leur statut de victime, avec les accompagnements nécessaires existants.

Pour les victimes, c’est aussi l’espoir de sortir de cette vulnérabilité qui peut attirer d’autres prédateurs. En effet, de nombreuses personnes victimes dans le cadre conjugal ou professionnel ont vécu des violences dans l’enfance. On parle de continuum de violences.

Dénoncer : c’est protéger et sensibiliser les autres

Cette parole libère d’autres personnes victimes de leur peur, de leur honte, de leur silence, et créée l’espoir d’être à leur tour crues, quels que soient le milieu social et la position de leur bourreau et d’espérer pouvoir enfin vivre normalement.

Parler, c’est aussi protéger d’autres victimes potentielles de ces prédateurs, et donc sauver des vies. C’est envoyer un signal fort à tous les potentiels criminels pour qu’ils soient débusqués et punis, et à notre société pour se libérer de cette gangrène.

C’est peser encore plus pour que la lutte pour l’élimination des violences sexistes et sexuelles soit une priorité qui se traduise par des moyens financiers encore plus conséquents.

L’UFM soutient les personnes victimes d’agressions sexuelles
Nous féministes de l’UFM soutenons toutes les victimes et avec elles, ensemble, disons avec force ce message que l’UFM scande depuis des années  : « Nou ni asé ! Nou lé an lot sosiété éti fanm épi nonm ka viv ansanm, en parfaite égalité !»

Rappelons aux personnes qui ont besoin d’aide que nous sommes joignables par e-mail à accueilfemme@uniondesfemmes-mq.fr et au 0596 71 26 26 (tapez 1) les : 

  • lundis, mercredis, jeudis et vendredis de 8 h à 18 h ;
  • mardis de 8 h à 14 h ;
  • samedis de 8 h à 12 h.

11 février 2021

23 décembre 2020 : Solidarité avec la députée brésilienne Isa Penna ! Signons la pétition de condamnation de son agresseur !

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La députée Isa Penna (PSOL de São Paulo) a été harcelée publiquement (devant les chambres parlementaires) par un membre du Congrès de droite. Suite à cet acte, une campagne de dénonciation a été lancée, qui exige que l’agresseur perde au moins son mandat.

Ce fait a déjà eu d’immenses répercussions au Brésil, ce qui a amené plusieurs membres du Congrès de différents partis et courants à confirmer le degré de misogynie et de violence dont souffrent les femmes dans l’action politique.

Le mouvement de solidarité avec Isa Penna est énorme. Elle a déjà ouvert une enquête policière et judiciaire contre l’agresseur, mais il n’est toujours pas certain que le Comité d’éthique de l’Assemblée du PS, qui compte une seule femme parmi ses sept composantes, se réunisse avant février !

Afin d’accélérer le processus, de faire en sorte que la commission de l’Assemblée se réunisse et sanctionne le député agresseur et de maintenir la lutte contre le harcèlement et le machisme dans les sphères politiques et sociales, une campagne internationale de pétition a été lancée.

L’Union des Femmes de la Martinique, qui combat toutes formes de violences contre les femmes dans la famille, dans le monde du travail et dans la sphère publique, porte son soutien solidaire de ISA Penna en relayant cette pétition :

  • demande la destitution du membre du Congrès harceleur
  • dénonce un système qui reproduit machisme et domination
  • vous invite à soutenir cette pétition envoyée par des féministes du Brésil et à envoyer votre signature et votre qualité à l’adresse suivante :

Ana C. Carvalhaes

anaccarvalhaes@gmail.com

Pour un monde solidaire avec toutes les femmes du monde

Quand les droits d’une femme sont attaqués, ce sont les droits de toutes les femmes qui sont remis en question 

PETITION :

JUSTICE POUR LA DEPUTEE BRESILIENNE ISA PENNA !

QUE FERNANDO CURY, L’ASSIEGEANT, PERDE SON MANDAT !

La députée Isa Penna, de l’Assemblée de l’État de São Paulo pour le PSOL, a été harcelée publiquement par le député Fernando Cury (du parti Cidadania) mercredi 16 décembre, devant les chambres de la chambre législative, au milieu de la session plénière extraordinaire où les députés discutaient pour voter le budget de cette unité de la fédération brésilienne.

L’enregistrement vidéo du harcèlement est disponible sur la chaîne YouTube de l’assemblée (https://www.youtube.com/watch?v=iLlRQZIj2pM). D’autre part, il est possible de vérifier que si Fernando Cury parle d’abord en tant que membre du Congrès (Delegate Olim), il fait un geste en direction de la congressiste Isa Penna – qui discutait avec le président de la Chambre, près du conseil d’administration. Cury se retourne pour parler avec Olim, qui tente de l’empêcher de s’adresser à nouveau à Penna avec sa main. Cependant, il ignore le geste de sa collègue, se tient derrière le corps de la députée, l’embrasse sans son consentement et lui touche les seins sur les côtés.  Il est immédiatement repoussé par elle.

Isa Penna est connue pour être active dans la lutte contre la violence à l’égard des femmes. Elle affirme que la violence de genre qu’elle a subie publiquement n’est malheureusement pas un cas exceptionnel, puisqu’elle a déjà été harcelée avec les députées Monica Seixas et Erica Malunguinho, du même parti, à de précédentes occasions. 

C’est précisément ce type de violence, qui est aussi une violence politique, qui empêche les femmes d’agir librement dans tous les espaces publics.

Lorsque notre collègue Marielle Franco a été exécutée, le message était clair :

Les femmes, en particulier les femmes noires, celles de gauche, celles qui ont un programme d’émancipation, seront continuellement persécutées. Et c’est encore le cas aujourd’hui avec la députée nationale Talíria Petrone – menacée de mort au point de devoir la garder cachée là où elle se trouve.

Jair Bolsonaro, l’actuel président du Brésil, lorsqu’il était député, a déclaré à la députée Maria do Rosario (PT) en 2003 : « Je ne vous viole pas parce que vous ne le méritez pas » et a réaffirmé publiquement la même absurdité en 2014.

Lorsque la députée Isa Penna a exercé les fonctions de conseillère municipale pendant un mois à la mairie de São Paulo en 2017, elle a été harcelée par le conseiller Camilo Cristófaro en huit jours seulement de mandat.

Depuis son entrée en fonction à l’Assemblée législative, elle est systématiquement harcelée, sous-estimée et attaquée en plénière et sur ses réseaux sociaux, où elle reçoit d’innombrables menaces de mort, ce qui l’amène à demander un renforcement de la sécurité.

La violence et la haine envers les femmes, les noirs et les LGBTQI sont une marque de la culture autoritaire qui envahit le pays. C’est pourquoi la lutte contre la violence à l’égard des femmes est au cœur de l’action d’Isa en tant que parlementaire.

Il est de notre devoir de veiller à ce que les prochaines générations de femmes puissent avoir plus de liberté. Que lorsqu’ils veulent s’exprimer, ils peuvent être respectés et entendus. Fernando Cury a commis une violence inacceptable à tous points de vue, mais surtout dans un domaine tel que le parlement, qui doit donner l’exemple à la société.

Nous devons donner à cette affaire une réponse exemplaire et énergique !

Isa Penna ne sera pas intimidée et continuera à être présente dans tous les espaces qui luttent pour la vie des femmes !

Soutenez l’exclusion du député Fernando Cury de la vie politique institutionnelle !

Ana C. Carvalhaes

anaccarvalhaes@gmail.com

55 21 99188-9404

Communiqué UFM – 23/12/2020