Mai 2020-3 n°12 – 28 mai 2020

Publié le

Mai 2020-3 n°11 – 22 mai 2020

28 mai : Journée mondiale
de l’hygiène menstruelle.
Les règles, sujet encore tabou, sujet politique


Depuis six ans, le 28 mai est décrété Journée mondiale de l’hygiène menstruelle
D’où vient cette journée ?
A l’origine de cette première campagne lancée en mai 2013, l’organisation non gouvernementale WASH United, qui a lancé May #MENSTRAVAGANZA, et qui avait pour thème le cycle menstruel.
L’année suivante, l’événement devenait la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, qui reste encore assez méconnue du grand public.
Pourquoi cette journée ?
Pour briser le tabou autour des règles et faire en sorte que chaque femme ait accès à des protections hygiéniques.
Pourquoi le 28 mai ?
Le 28 du mois, comme les vingt-huit jours d’un cycle menstruel. Le mois de mai, 5e mois de l’année, ce qui correspond au nombre de jours moyen de la durée des règles.
05 - FNAPV n° 12- Sang Tabou
En 2015, l’association Osez le féminisme organisait la campagne « Sang tabou », comprenant notamment des collectes de protections hygiéniques pour lutter contre la précarité menstruelle.
Concrètement, sur quoi veut-on attirer l’attention ?
*La précarité menstruelle est un enjeu mondial

Chaque jour il y a 300 millions de femmes qui ont leur règles,
C’est un tabou encore partout, et encore plus dans les pays moins développés.

*La précarité menstruelle, c’est d’abord ne pas avoir accès à des protections :

– En Inde, par exemple, 80% des femmes utilisent des morceaux de tissus et « bricolent » elles-mêmes leurs protections. Utiliser des protections inadaptées comporte un risque d’infection.
– Mais aussi, pour les personnes en situation de précarité, ne pas avoir d’argent pour en acheter (« parfois, il faut choisir entre un paquet de pates et des protections périodiques… »)
– Le contexte de crise du COVID a aggravé les choses : confinement, difficultés économiques plus lourdes, difficultés d’accès pour les jeunes (lieux de distribution gratuite dans les écoles fermés).
*C’est considérer les règles comme un élément naturel, normal et respectable

– Arrêter tous les termes utilisés pour désigner les règles, sans considérer le nom comme tabou, comme pour tous les organes sexuels (féminins)
– Arrêter d’en parler à voix basse ou de façon gênée, comme s’il s’agissait de quelque chose de honteux
– Dans certains pays, cela créé des situations de stigmatisation. Par exemple, les filles sont rejetées, isolées, au Népal, et sont même totalement mises à l’écart pendant leurs menstrues.
– Il faut que les garçons et les hommes commencent aussi à parler des règles, encore aujourd’hui chez nous certains considèrent les filles comme « impures » quand elles ont leurs règles …
*C’est reconnaitre qu’il s’agit d’un produit de première nécessité :

– Jusqu’à il y a peu, les protections périodiques étaient considérées comme un produit de luxe, avec un taux de TVA élevé. Ce n’est que récemment que le taux a été révisé
– Lors des collectes de la Banque alimentaire ou en cas de catastrophe, les protections périodiques sont maintenant systématiquement intégrées, ce qui n’a pas toujours été le cas
– Des femmes ont été verbalisées (en France hexagonale dont 1 violentée verbalement dans 1 banlieue) pendant le confinement ! car l’achat de protection hygiénique n’était pas considéré comme 1 achat de 1ère nécessité…..
*Montrer le lien avec l’accès à l’hygiène de base, comme l’eau, l’accès aux toilettes ..
25% de la population mondiale n’a pas accès à des toilettes, cela grimpe à 70% en Afrique subsaharienne. Et ce sont les femmes qui paient le plus le prix de cette situation. Dans les PMA (pays les moins avancés), 50% des écoles n’ont pas de toilettes. Ce qui impacte les jeunes filles, jours par mois, qui ne sont pas libres de leurs mouvements, et cela amène les petites filles à manquer l’école » (source AFD)
*Un produit accessible, oui, mais de quelle qualité ?
– Aujourd’hui, les protections périodiques contiennent des produits pétrochimiques, qui occasionnent allergies et maladies
La nouvelle mode est aux protections parfumées, qui créent des infections …
– Et puis … on apprend que la même marque (Always) vend dans certains pays (africains, Pakistan…) des serviettes menstruelles de qualité inférieure à celles vendues en Europe, USA ! L’utilisation d’une doublure plastique dans la fabrication des serviettes hygiéniques dans ces pays entraine transpiration excessive, démangeaisons, inconfort, brûlures, éruptions cutanées.
– Il existe aujourd’hui des produits bio, des protections réutilisables, qu’il conviendrait de développer.
Quel impact sur les sociétés, sur la vie des femmes ?
–  L’impact se répercute sur l’ensemble de la société, cette situation empêche de valoriser le potentiel des filles et des femmes.
– Les règles sont une cause de l’échec scolaire et de la déscolarisation : dans de nombreux pays les femmes sont considérées comme impures quand elles ont leurs règles, elles sont exclues socialement voire exilées de leur maison; leur santé est mise en danger et, à la puberté, beaucoup arrêtent leur scolarité »,

– Selon les Fonds des Nations Unies pour l’enfance (FNU), 66% des filles en Afrique sont peu voire pas du tout informées sur les menstrues avant de les avoir pour la toute première fois. Dans le même continent, c’est une élève sur 10 qui rate les cours quand elle a ses règles.
– En Inde, 40% des filles (soit près de 23 millions) ne se rendent pas à l’école quand elles ont leurs règles. Cela s’explique par un manque de moyens (pas accès à l’eau potable, ni aux protections hygiéniques qui coûtent trop chères ou encore des toilettes mixtes qui ne permettent pas de se changer en toute intimité) qui les incite à rester chez elles.
– Dans la religion musulmane, les femmes ne peuvent pas faire le ramadan, du moins, tant qu’elles ont leurs règles.
– Dans les pays occidentaux, on observe aussi un certain malaise chez les filles lorsqu’elles ont leurs menstrues, par exemple aux Etats-Unis. 50% des Américaines éprouvent de la honte pendant leurs menstruations.
– En France, le gouvernement a annoncé vouloir lancer une expérimentation de distribution de protections périodiques gratuites en septembre prochain : dans les établissements scolaires, dans les lieux publics, auprès des femmes sans domicile fixe ou en situation précaire. Nous attendons avec impatience ces distributions … de produits de qualité !
C’est une question qui participe aussi de l’égalité entre les femmes et les hommes, et du rôle et de la place des femmes dans nos sociétés.

C’est donc l’affaire de toute la société,
et pas seulement celle de femmes.

Il faut donc en parler le plus largement possible, pour
sensibiliser, sortir du tabou, amener à des actions concrètes.


Lutte contre les violences envers les femmes ?
Un partenariat pour les accompagner encore mieux

Affiche UFM ligne écoute

Le nouveau numéro public d’appel (0800 100 811) pour les femmes victimes de violences a été mis en place depuis mars dernier.
Un partenariat a été mis en place entre SOS KRIZ et l’Union des Femmes de Martinique, afin de permettre un accueil conjoint permettant :
– pour SOS KRIZ, de prévenir et faire face aux situations d’urgence et de crise pour les femmes victimes de violences en souffrance psychique
– pour l’UFM, de développer une interven-tion sociale globale  et durable d’accompagne-ment des femmes dans une co-construction de leur parcours, difficile,

avec souvent de nombreuses démarches auprès de nombreux partenaires, vers une sortie durable et positive pour elle, ses enfants et ses proches.
Nous y reviendrons plus en détail ultérieurement.
Contacts discrets

Adhérez à l’UFM ! Rejoignez-nous !
Parce qu’ensemble nous sommes plus fort.es,
L’union des Femmes de Martinique vous propose aussi de venir nous rejoindre, pour votre précieuse participation, possible quelque soit le temps dont vous disposez.

C’est grâce à la mobilisation de femmes et d’hommes tel-les que vous, que la situation des femmes au quotidien peut avancer.
Oui, les mentalités, les droits, l‘égalité avancent.
Mais, vous le savez, il reste encore beaucoup à faire !
Au travail, à la maison, dans l’espace public … Pour cela, nous avons besoin de votre participation….

Femmes et hommes ! Chacun-e à sa place dans cette mobilisation !

Cliquez ici


Union des Femmes de Martinique – 2 adresses – 2 permanences :
Vous rencontrez des difficultés dans votre vie ?
Vous êtes victime de violences dans le couple, les espaces publics ou au travail… ?
BRISEZ LE SILENCE, NE RESTEZ PAS SEULE, VOUS POUVEZ EN PARLER !
– La Maison de Solange
Espace d’Ecoute, d’Information et d’Accompagnement et Accueil de jour
pour femmes victimes de violences ou en détresse
58 rue Isambert – 97200 Fort de France
Ouvert : Lundi, mercredi, vendredi de 8h30 à 16h – Mardi et jeudi de 8h30 à 12h00
Tél : 0596 71 26 26
– Permanences mensuelles :
*Le 3° jeudi au SMPI de Trinité – de 9h à 13h – Service Municipal de Prévention et d’Insertion – Cours Usine Epinette (derrière ancien Match) – Trinité – Tel : 0596 58 13 73
*Le 1° vendredi à L’espace Sud Ducos – de 9h à 13h – Villla d’Eole – Rue Zizine et des Etages – Ducos – Tél : 0596 71 26 26 – 0696 29 29 03Siège et Pôle Formation-Prévention
– L’Espace Jane Lero

17 rue Lamartine – 97200 Fort de France – Ouvert : Lundi au vendredi de 8h30 à 16h

Tél : 0596 71 26 26 – mail : contact@uniondesfemmes-mq.fr –

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