Avril 2020-1 : FNAPV n°7 – 9 avril 2020

Publié le

Les femmes, les travailleuses, les plus précaires encore en première ligne pendant cette crise sanitaire.

Pendant cette épidémie du Coronavirus, nous vivons une situation particulièrement
difficile.
Si toutes et tous sont visé-es par le même virus, la situation met en lumière, s’il en était
encore besoin, les différences de genre et de classe dans sa gestion à tous les niveaux.
Petit tour d’horizon :
Dans les activités « incontournables », indispensables au fonctionnement de la
société, les femmes sont souvent en première ligne :

Dans la santé et l’aide aux personnes fragiles :

– Personnels soignants des établissements de santé et de personnes âgées (majoritairement féminin : médecins, infirmièr·es, aides-soignant·es, ASH,
auxiliaires, animateurs·trices …) : dont nous saluons le dévouement et l’esprit de responsabilité, présent-es malgré l’épuisement. Dans les Ehpad, le personnel qui redouble d’efforts pour assurer la survie des personnes âgées et dépendantes, population la plus fragile face au Coronavirus, par les soins et l’animation à intensifier, en raison de l’interdiction des visites, doit conjuguer bienveillance et distanciation sociale.

– Infirmières à domicile : qui se déplacent sans compter vers leurs patient·es, malgré
les risques sanitaires et les dangers d’agressions qui les guettent.
– Les auxiliaires et assistantes de vie à domicile : plus isolées encore, elles assurent
la survie des personnes les plus dépendantes. Pour elles le travail continue malgré le
manque de gel hydroalcoolique et le peu de masques distribués.
Sans compter que pour la plupart, elle mêmes sont mères d’une famille à protéger du
virus.
Les personnels travaillant dans ces secteurs indispensables à la société, qui sont
en contact direct avec la population doivent eux aussi pouvoir travailler en
sécurité.
Nous soutenons leurs exigences de moyens humains et matériels, qui prennent
tout leur sens dans la situation actuelle.


Témoignage : 

« Je me prénomme  Véronique…J’habite St Pierre, aide à domicile, je suis salariée d’une association…et me réveille à 4 h chaque matin les jours de boulot ! Je soutiens quasiment seule mes 2 grandes filles…

Je m’occupe en général de 4 à 5 bénéficiaires-prestaires en qualité d’aide à domicile. J’ai demandé à réduire leur nombre vu les efforts qu’exigent le confinement…mais le matériel de protection, je l’ai récupéré ici et là, grâce à mes relations personnelles ! D’autres ont préféré annuler les prestations vu les risques encourus…

J’ai mon véhicule, remplacé récemment après l’usure jusqu’aux « os » de mon précédent…les longs trajets que j’effectue pour « gagner mon pain » l’ont achevé ! Je me rends chez des personnes âgées, soit à Godissard ou à Ravine-Vilaine faire mes 2 heures les lundis, mardi, vendredi…au moins.

Sauf rappel de dernière minute, je rentre chez moi à 16 h, fa-ti-guée…avec une santé déjà précaire…mais volontaire à la tâche !

Confinement, oui…mais

Je poursuis mes activités pour pouvoir boucler plus décemment mon mois, à l’EHPAD de Terreville où je travaille en général la journée, (semaine de 5 jours) mais l’absence de collègues inaptes pour travailler face au COVID 19 m’a conduit à faire les nuits… mais le matériel à savoir les équipements de protection individuelle sont largement insuffisants…Je fais avec, ces personnes ont besoin de nous vu leur situation  !

Confinement, oui mais

Lorsque je rentre chez moi, je veille sur mes aîné.e s, voisin.e.s âgé.e.s pour ma mère de 85 ans et de mon oncle, nonagénaire !

Confinée, oui…mais quand et quand serais-je soulagée…pour bien respecter les consignes de…CONFINEMENT justement  !? »


Dans les activités et commerces de première nécessité :

– Caissières de supermarchés : elles manipulent des milliers de produits, côtoient des centaines de client·es souvent inconscient·es ou angoissé-es, doivent rester «professionnelles », malgré la tension et la fatigue.
– Employées des petites épiceries : elles doivent faire face à des client·es souvent indiscipliné·es, qu’il faut rappeler sans cesse à l’ordre pour les mesures barrières élémentaires. La situation ne les met malheureusement pas à l’abri des remarques sexistes habituelles… (plaisanteries douteuses, propositions répétées, harcèlement.. )
– Plus largement les salarié·es du commerce alimentaire, du nettoyage, ouvrier·es
agricoles
Pour beaucoup, elles sont en situation de précarité : contractuelles, CDD, intérimaires,
temps partiels, bas salaires.
Quelle reconnaissance aura-t-on envers elles une fois la crise terminée, alors que
l’activité n’a pas baissé ?


A la maison, les femmes aussi en première ligne …

Depuis que le confinement a été décrété le 16 mars dernier, les enfants sont à la maison
et les déplacements à l’extérieur sont réduits au strict minimum indispensable.
-Pour les femmes qui vivent seules, il s’agit d’assurer le travail des enfants (oui, on se demande comment font les profs pour les supporter !!!), gérer leur dynamisme, et savoir les occuper … pas facile sans relais !
Assurer en plus le télétravail, pour celles qui sont concernées.
– En couple, si le partage traditionnel des tâches ménagères et familiales n’est pas bouleversé, elles se retrouveront à les assumer, encore davantage, puisque avec tout le monde à la maison, on salit …cuisine … plus !
– Les femmes sont aussi en première ligne de tous les désagréments car trop
souvent chargées de famille : faire les courses : on le voit dans les queues interminables
des supermarchés, les femmes sont les plus nombreuses à la corvée, mais aussi à
gérer les pénuries de gaz, d’eau …
– A elles la charge de se préoccuper des ainé·es. Comme cela a toujours été, les
filles en sont majoritairement chargées ! quelquefois déjà âgées, elles ont en charge leur
mère, un frère ou une soeur handicapé·e …
– Gérer les enfants dans un petit appartement, ne se vit pas de la même façon que
quand on a un jardin et même une possibilité d’y mettre un jacuzzi ou une piscine …
– Faire les courses quand on n’a pas de voiture et qu’il n’y a pas de bus, quand le stop
n’est plus de mise, comment faire ? On rencontre sur les routes des femmes avec de
lourds cabas marchant à pied, et obligées de faire les courses beaucoup plus souvent,
donc avec des risques multipliés
– Avec des prix qui ont augmenté, notamment dans les petites boutiques, manger
coûte beaucoup plus cher…

– Les femmes sont plus nombreuses parmi les personnes âgées seules et à revenus
faibles.
Même si certaines familles sont déjà connues des services sociaux, la situation accroit
la précarité.


Crise sanitaire et violences conjugales, violences intrafamiliales

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Le confinement est un terreau propice pour les violences conjugales, qui touchent on le sait très majoritairement les femmes, et pour les violences familiales envers les enfants.
Promiscuité surtout quand on vit dans de petits espaces, stress, difficulté à se signaler, face à face agresseur-victime exacerbé, doutes sur la capacité des forces de l’ordre à intervenir rapidement, ou à pouvoir partir en contradiction de l’obligation de rester chez soi, font planer l’inquiétude sur les victimes de violences.


Nous joignons nos voix et nos actions à celles et ceux qui réclament :
– une plus grande transparence dans la gestion de la crise sanitaire,
– une plus grande participation populaire aux actions à mettre en place,
– des moyens pour dépister à grande échelle, protéger toute la population avec des masques et des gants, soigner avec les médicaments qui ont déjà montré leur
efficacité
– pour éviter que l’épidémie ne se propage encore plus et ne perdure.
Mais nous disons aussi :
– la prise en compte des difficultés liées au confinement par les autorités responsables !
– des moyens de se déplacer sans surcout pour les plus démuni·es
– un contrôle strict des prix partout
– la situation exceptionnelle ne doit pas se faire au détriment des droits élémentaires.
– La nécessaire solidarité envers celles et ceux qui en ont le plus besoin, même à distance.

Nous ne baissons pas les bras, maintenons le lien social et militant et restons mobilisé·es !


Confinement : et si on essayait ces 10 bonnes pratiques qui nous feront du bien ?

  • Répartir les tâches domestiques :

Dans de nombreux foyers, ce sont majoritairement les femmes qui effectuent les tâches domestiques : cuisine, ménage, travail scolaire… et si cette période était l’occasion de faire différemment ?
Tout le monde peut faire des tâches domestiques, elles doivent être adaptées à l’âge et aux capacités de chacun·e.
Il ne s’agit pas « aider » aux taches du foyer mais que chaque personne y participe : les parents et les enfants.

Faire un tableau qui répertorie les taches de chaque personne peut donc aider à mieux répartir les tâches entre parents, et en incluant les enfants.

Si on ne souhaite pas faire un tableau, on peut aussi organiser les taches de façon ludique : mettre toutes les taches sur un bout de papier dans une boite et piocher au hasard le même nombre de taches par personnes pour les adultes par exemple.

  • Se ménager des moments seule

Dans cette période ou nous sommes à domicile, sans possibilité de sortir pour s’aérer l’esprit, il est important de prendre du temps POUR SOI, et que ces temps soient respectés par les autres membres de la famille. Ce moment seul peut se passer dans une pièce, sur le balcon, à aller marcher … et être consacré à l’activité de son choix : lire, regarder une émission, ou ne rien faire !

  • Relaxation, méditation

Cette période représente une augmentation des tensions pour beaucoup de personnes. Prendre le temps de se relaxer et de méditer peut permettre de diminuer ces tensions.

Ce moment de méditation ou de relaxation peut être un moment à s’accorder à soi-même, ou à partager avec les autres personnes du foyer. « Vous avez le droit de lâcher prise ! »

  • Bienveillance, respect

Agir avec bienveillance est agir en pensant au bien être d’une personne. On peut donc agir avec bienveillance envers les autres mais aussi envers soi. En cette période d’augmentation du stress ou même d’anxiété pour certaines personnes, faire preuve de bienveillance ne peut être que positif pour soi mais aussi pour les autres personnes.

Ce peut être aussi l’occasion de prendre le temps de se parler et s’écouter, d’ouvrir des portes à la discussion, aux échanges.

  • Pratiquer de nouvelles activités pour soi et/ou ensemble

On peut en effet profiter de la période à domicile pour tester de nouveaux loisirs si on le souhaite. De nombreuses publications sont disponibles sur ce sujet : des vidéos de bricolage, de jardinage, sport, lecture, méditation…

Ce peut être aussi l’occasion de partager ces activités ou de nouveaux jeux en famille, qui rapprochent et créent de la complicité !

  • On fait ce qu’on peut avec le travail des enfants !

On partage le suivi du travail scolaire, mais l’enseignement est un vrai métier, et on ne s’improvise pas professeur de math, de français ou de physique !

Alors on est cool ! et on encourage surtout les enfants, pour qui ce n’est pas facile de se concentrer, et on peut tirer partie de tous les actes de la vie courante pour réviser !

  • Profiter des gratuités disponibles sur internet

De nombreuses institutions ont décidé de mettre à disposition gratuitement des éléments durant la période : musées, films…

  • Prendre des résolutions uniquement si on en a envie ! Abaissez la barre des exigences.

Il est vrai que de très nombreux articles fleurissent sur la toile concernant les résolutions que l’on peut prendre durant ce confinement : faire du sport, de la lecture, du yoga… ces résolutions peuvent effectivement être bénéfiques pour soi et pour son foyer. Cependant… ce n’est en aucun cas une obligation de prendre de nouvelles résolutions !

Ce n’est pas non plus parce que vous avez plus de temps ( ?) que d’habitude qu’il faut se donner des challenges extraordinaires.

On peut aussi choisir de prendre le temps de ne pas s’imposer d’obligations !

  • Garder le lien !

Même si vous vivez seule, vous n’êtes pas seule ! Appelez la famille, les ami·es, partagez des moments par tous les moyens à votre disposition.

Vous connaissez une ou des personnes isolées ou potentiellement en danger ? Prenez régulièrement de leurs nouvelles, cela leur fera plaisir et les rassurera.

Soyons solidaires !

  • et … si on en profitait pour en savoir plus sur l’histoire des femmes et le féminisme ?

Sexisme au quotidien, égalité, discriminations, écriture inclusive, métiers non orientés, politiques publiques égalitaires, femmes dans l’Histoire … on peut chercher sur internet, ou dans des livres, ou … dans les écrits de l’UFM sur ses différents supports, c’est l’occasion … et peut-être d’avoir envie de contribuer aux changements de mentalités vers une plus grande égalité, et venir nous rejoindre !


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Vous partagez nos idées ?

Vous souhaitez comme nous une société non sexiste, respectueuse de tous et toutes, meilleure en particulier pour les plus démuni.es ?

Vous partagez nos actions ?

Manifestations, rencontres, ateliers, interventions en milieu scolaire, formations, newsletter, interpellations, conférences, expositions, analyses et réflexions …sur tous les sujets concernant les femmes et la société (violences envers les femmes, travail, santé, chlordécone, matrimoine, sexisme, égalité, discriminations, inégalités, retraites …).

Toutes ces actions existeront grâce à vous !

Soutenez une association féministe, soutenez l’UFM !
Je fais un don en cliquant ici
Union des Femmes de Martinique – 2 adresses – 2 permanences :
Vous rencontrez des difficultés dans votre vie ?
Vous êtes victime de violences dans le couple, les espaces publics ou au travail… ?
BRISEZ LE SILENCE, NE RESTEZ PAS SEULE, VOUS POUVEZ EN PARLER !
– La Maison de Solange
Espace d’Ecoute, d’Information et d’Accompagnement et Accueil de jour
pour femmes victimes de violences ou en détresse
58 rue Isambert – 97200 Fort de France
Ouvert : Lundi, mercredi, vendredi de 8h30 à 16h – Mardi et jeudi de 8h30 à 12h00
Tél : 0596 71 26 26
– Permanences mensuelles :
*Le 3° jeudi au SMPI de Trinité – de 9h à 13h – Service Municipal de Prévention et d’Insertion – Cours Usine Epinette (derrière ancien Match) – Trinité – Tel : 0596 58 13 73
*Le 1° vendredi à L’espace Sud Ducos – de 9h à 13h – Villla d’Eole – Rue Zizine et des Etages – Ducos – Tél : 0596 71 26 26 – 0696 29 29 03Siège et Pôle Formation-Prévention
– L’Espace Jane Lero

17 rue Lamartine – 97200 Fort de France – Ouvert : Lundi au vendredi de 8h30 à 16h

Tél : 0596 71 26 26 – mail : contact@uniondesfemmes-mq.fr –

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