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Luce Le Maistre, première femme maire de Martinique

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Il y a 71 ans…

Les élections municipales de ce mois de mars 2020 sont pour nous l’occasion de rendre hommage à Mademoiselle Luce Le Maistre première femme maire élue de Martinique .
Elle a été élue le 6 mars 1949. Elle a été maire de la commune du Morne-Vert de 1949 à 1951.
Aujourd’hui à la Martinique seulement deux femmes occupent les fonctions de première magistrate de leur commune. Eu égard à la multiplicité de femmes tête de liste aux prochaines municipales on devrait pouvoir s’attendre à une certaine progression.


Luce Le Maistre, première femme maire de Martinique

    Luce Lemaistre photo 1C’est le scrutin du 6 mars 1949 qui porte Mademoiselle Luce Le Maistre à la tête de la toute nouvelle commune du Morne-Vert. Elle devient la première femme maire élue de la Martinique.

Qui est Luce Le Maistre ?

Luce est née au Morne-Vert le 12 avril 1912, elle est la septième d’une fratrie de 10 enfants cinq filles et cinq garçons. Son père Charles Vincent Le Maistre est distillateur, il est propriétaire de la distillerie Le Maistre à l’habitation La Vigie au Morne-Vert. Sa mère, née Marie Ambroisine Véronique Polonet, a la charge de cette nombreuse famille. Luce est issue d’une famille de propriétaire foncier et distillateur, des « notables » de la commune du Carbet.

Léonard Luce Polonet était sans doute appelée à un destin singulier. En effet, elle est la seule enfant que Charles Vincent Le Maistre ait reconnue avant mariage, par acte notarié à l’étude de Maître Louis Saint Cyr, le 1er août 1918.Tous les enfants ont été légitimés par le mariage de leurs parents le 5 avril 1934.

Luce est une jeune fille au teint clair, et aux longs cheveux noirs, que l’on dénomme chez nous « mulâtresse ». Elle a un visage volontaire éclairé par des yeux gris -vert qui, à la fois, font son charme et témoignent de sa détermination.

Elle poursuit sa scolarité à Fort-de-France au Pensionnat colonial de 1928 à 1932.Luce Lemaistre photo 2

Titulaire du brevet élémentaire en 1928, elle se présente aux épreuves du brevet supérieur qu’elle obtient en 1932. Ce diplôme lui ouvre les portes de « l’Instruction publique ». Elle fait ses premières armes dans l’enseignement à l’école de Morne Pitault au Lamentin.

Mademoiselle Le Maistre passe avec succès son CAP : Certificat d’Aptitude Pédagogique en1934. Cette même année, elle est nommée à l’école de garçons du Morne-Vert, poste qu’elle a occupé jusqu’à sa retraite.

Les témoignages que nous avons pu recueillir, notamment celui d’un de ses élèves, Monsieur Isambert Duriveau, nous la présentent comme « une femme à la tenue sobre et élégante, une femme d’une grande rigueur qui inculquait à ses élèves le sens de l’honneur, de la justice et du travail bien fait ».

Luce participait à la vie religieuse et associative avec ses camarades, elle était aussi « assistante-infirmière » et parcourait ainsi la commune et ses environs à cheval ou à pied pour soigner les malades démunis.

Un témoin la décrit comme « une jeune fille intrépide, une des rares de la région à se déplacer à cheval »   Elle était donc connue et bien implantée dans le hameau puis la commune du Morne-Vert.


Quel est le contexte de la période ?

La commune du Carbet avec son hameau du Morne-Vert est une région très importante dans le nord caraïbe pour les cultures vivrières et la canne à sucre. Le Morne-Vert possède un sol très fertile et est appelé à l’époque « le grenier à fruits et légumes de la région ».

Au Carbet, on recense environ une quinzaine de distilleries dont cinq au Morne-Vert: les distilleries Adésir Bruno, Dame Balthazard, Lacavallerie Alexandre, Ballandras Cléo, et la distillerie Le Maistre, une des plus importantes qui produit environ 10.000litres d’alcool pur /an .

En outre, une brève analyse de la population du Morne -Vert fait apparaître une classe moyenne relativement aisée de petits et moyens propriétaires fonciers, ce qui confère à ce hameau un certain poids dans la commune.

On peut le constater dans la composition du conseil municipal. Aux élections municipales de 1945, les Verdimornais représentent environ 48% des conseillers, ils sont 11 sur 23, dont 3 femmes sur les 4 élues au Carbet :

Mesdames Eugénie Dellevie, Étiennise Marignan et Dame Lecurieux Clerville. Il faut souligner que les femmes ont voté pour la première fois en 1945, elles sont de plus en plus impliquées dans la vie publique, tant sur le plan professionnel que sur le plan politique.

Par ailleurs, en 1949 les habitants ont encore très présents à l’esprit les événements de l’habitation Lajus de février 1948 qui ont endeuillé le Carbet. En effet, trois travailleurs de la canne ont perdu la vie : les frères André et Henri Jacques, et Mathurin Dalin.

Il est important de souligner que la Martinique vit encore au quotidien dans le contexte du rationnement de la période de Vichy, dite « époque de l’Amiral Robert » .Les bons de rationnement sont nécessaires pour les denrées importées comme l’huile, la farine, les haricots, le riz, et quelques produits manufacturés. Les « Verdimornais » vivent difficilement leur dépendance par rapport au Carbet. Pour nombre d’entre eux cela devient de plus en plus pénible « d’aller quémander un bon à la mairie du Carbet ».

La revendication d’ériger le hameau en commune est donc mise à nouveau à l’ordre du jour autour de deux groupes de travail : l’un animé par les familles Le Maistre et Lacavallerie, l’autre autour de Louis Morin propriétaire et ses amis .

Le Morne-Vert est alors érigé en commune par arrêté du 10 février 1949.  Des élections municipales sont donc prévues pour élire le maire et le conseil municipal qui vont administrer la nouvelle commune. Sur les 1511 habitants, 813 sont inscrits sur les listes électorales.


Les élections de 1949 et 1951

Les élections se déroulent le 6 mars 1949 dans un climat très passionné.

Deux listes sont en présence :

  • -la liste de Concentration républicaine soutenue par les socialistes de la SFIO, dirigée par Mademoiselle Luce Le Maistre. La candidate est présentée à l’époque comme « une femme de charme et de poigne ».
  • -la liste du Rassemblement du Peuple Français( RPF) soutenue par les gaullistes, conduite par Monsieur Louis Morin.

Les 641 suffrages exprimés se répartissent comme suit 343 voix à Mademoiselle Le Maistre et 298 voix à Monsieur Morin. La liste Le Maistre est déclarée élue.

Il semblerait que de nombreuses irrégularités aient été commises pendant le dépouillement.

Les échos de la campagne et du scrutin dans la presse en 1949

Peu de journaux font état de cette élection. Est-ce dû au fait qu’il s’agit d’une petite commune rurale? Le monde politique de l’époque est-il préoccupé par le redécoupage des cantons annoncé qui a contribué au report des élections cantonales ?.

Le journal « Justice » parle de « mascarade électorale au Carbet et au Morne Vert » et indique que « ce scrutin est placé sous la haute surveillance de la police et de la gendarmerie ».

« La Flamme » bulletin du RPF du 1er mars 1949 publie un article qui affiche une certaine condescendance, voire une « violence sournoise », mais surtout une grande misogynie : «… Dans son désir de faire échec aux candidats du général De Gaulle, un parti bien connu n’hésite même pas à écarter brutalement du débat actuel des hommes dont l’âge et le passé auraient pour le moins mérité quelques ménagements, et à exciter l’ambition d’une jeune fille que nous reconnaissons bien volontiers charmante, mais dont nous regrettons qu’elle ait perdu  de vue que l’humilité et le dévouement sans conditions comptent parmi les plus belles des vertus chrétiennes comme aussi la patience… Qu’elle sache attendre en effet ! Elle aura, nous n’en doutons pas, un rôle à jouer dans sa petite cité, plus tard lorsqu’elle aura appris à vivre et qu’elle aura acquis la seule chose qui ne s’obtienne qu’avec l’âge, l’expérience… La population du Morne Vert n’admet pas qu’une élection municipale lui soit présentée comme un concours d’élégance ou de beauté ; elle sait que c’est chose sérieuse la direction d’une commune… ».

« La Voix socialiste » jubile en titrant « Double victoire socialiste au Carbet et au Morne Vert »

La voix socialiste

Luce Le Maistre Maire du Morne Vert

Luce Lemaistre photo 3

Mademoiselle Le Maistre est installée dans ses fonctions de maire à la tête d’un conseil municipal de 17 membres, le 21 mars 1949 par le préfet Trouillé, en présence du secrétaire général de préfecture, du sénateur Paul Symphor et du président du conseil général François Duval. Elle exerce son mandat jusqu’aux élections de 1951.

 

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Extrait du journal L’Information, mercredi 23 mars 1949, page 1

Durant ces deux années Mademoiselle Le Maistre s’est attachée à la mise en place de l’administration municipale, elle a aussi posé les premiers jalons de la construction d’une véritable école de garçons. En effet s’il existait une école de filles au Morne Vert, les classes de l’école de garçons étaient réparties dans plusieurs bâtiments de la commune. Elle souhaite donc les regrouper.

Le mandat de Mademoiselle Le Maistre a été très court, les élections ayant été invalidées par décision du conseil d’État du 18 avril 1951. .

De nouvelles élections sont organisées le 12 août 1951 avec les mêmes candidats mais le résultat est inversé Louis Morin du RPF l’emporte avec 442 voix. (Louis Morin se targue d’être le 1er maire gaulliste d’outre- mer, et le seul maire RPF de la Martinique jusqu’en 1959).

Mademoiselle Le Maistre poursuit sa vie d’enseignante au Morne Vert, et part ensuite s’installer à Paris à la fin des années 60. Elle y demeure jusqu’à son décès le 9 décembre 2000 à l’âge de 88 ans.


L’hommage de sa commune

C’est le 11 novembre 2014 qu’a été inaugurée sur la place de la mairie, une sculpture de Monsieur Isambert Duriveau dénommée « Welto » représentant Mademoiselle Le Maistre.

Luce Lemaistre photo 4


En guise de conclusion

L’élection de Mademoiselle Le Maistre pourrait apparaître à certains comme une réussite personnelle.

Il me semble important de se replacer dans le contexte de la période : la Martinique sort de la guerre. Sur le plan économique, la situation est difficile. Sur le plan politique, la population a souhaité un nouveau statut pour plus d’égalité, la Martinique est devenue département français, mais dès 1949 des voix s’élèvent pour la recherche cette égalité tant réclamée. Par ailleurs, en ce qui concerne les partis, on note un certain déclin du mouvement socialiste, en raison des ralliements au gaullisme. Les Communistes sont à la tête de plusieurs communes et le Rassemblement du Peuple Français, soutien du général De Gaulle, cherche à s’implanter durablement dans l’île.

Il fallait donc à cette jeune femme de 37 ans une certaine audace, du courage et un grand charisme pour se retrouver à la tête d’une liste majoritairement masculine (16 colistiers hommes) aux élections municipales dans un petit pays dirigé par des hommes, et dans une petite commune de 1500 habitants où on était presque tous parents, et où elle était confrontée à des partisans de « de Gaulle, sauveur de la mère-patrie ».

Mademoiselle Luce Lemaistre fait figure de pionnière.

Cécile CELMA
Historienne

Sources
– Documents d’’Etat civil, Journal officiel de la Martinique, Recueil des actes administratifs de la Préfecture, Annuaire de la Martinique

– La Presse locale

Témoignages
Messieurs Isambert Duriveau et Christian Louis-Joseph

Remerciements
Mairie du Morne-Vert, Mesdames Camille Pancarte et Monique Lucry

UFM Événements

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UFM_EVENEMENT

Tout au long de l’année, des actions sont organisées :

  • Actions de sensibilisation et information sur les violences faites aux femmes et les inégalités femmes-hommes
  • Moments de réflexion collective
  • Moments de partage et de convivialité

Ces actions peuvent prendre de nombreuses formes : conférences, affichages, projections débats, partenariats…

Pour en savoir plus sur notre actualité, cliquez ici

UFM Solidarité

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UFM_SOLIDARITE

En tant qu’association militante et féministe, l’UFM  organise et participe à des actions afin de :

• Briser l’isolement des femmes et créer entre elles des liens de solidarité
• Construire une solidarité internationale pour le respect des droits des femmes
• Se mobiliser pour des conditions de vie dignes, décentes et environnementales correctes, contre les inégalités, contre les violences

L’association fait également partie de réseaux locaux, nationaux et internationaux tels que le collectif « Lyannaj pou dépolyé Matinik », la Fédération nationale solidarité femmes ou encore la Marche Mondiale des Femmes.

Pour en savoir plus, cliquez ici

UFM Matrimoine

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UFM_MATRIMOINE

Depuis 1994, l’association, a choisi d’emprunter, la route des « silences de l’histoire ».
L’objectif est de rendre visibles les femmes qui ont fait l’Histoire de la Martinique, et de la Caraïbe.

Travailler sur le matrimoine c’est l’histoire d’un engagement, celui de l’UFM, de parler des femmes dans l’histoire, à travers des femmes exemplaires, des héroïnes d’ici et proches de nous : Toto Bissainthe, Lumina Sophie, Solange Fitte-Duval, Jane Lero, Yvette Mauvois, Gerty Archimède, Suzanne ROUSSI, Jane Léro…

Cet engagement à mené à la création de la revue « Femmes d’hier, combats aujourd’hui » dont les deux premiers numéros déjà parus retracent l’histoire de:

Formation – Prévention

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UFM_FORMATION

Le Pole Formation prévention propose des actions de sensibilisation et de formation sur :
• l’égalité des femmes et des hommes
• la lutte contre les comportements sexistes et les violences envers les femmes

Ces actions sont mises en place à destination de professionnel-le-s en fonctions, de personnes en formations, mais également à destination de publics plus larges (possibilité de les adapter à la demande).

Des interventions de prévention des violences sexistes et sexuelles sont également mises en place dans les établissements scolaires à destination des jeunes et des adultes de l’établissement.

Pour découvrir notre catalogue de formations

17 Rue Lamartine – 97200 Fort de France
0596 71 26 26
Lundi au Jeudi : 08h30 à 16h
Vendredi : 8h30 à 13h30

Accueil et accompagnement de femmes

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UFM_ACCUEIL

La Maison de Solange à Fort-de-France :
Espace d’écoute et accueil de jour

En 2000, l’Union des Femmes de Martinique a créé un Espace d’Ecoute, d’Information et d’Accompagnement (EE) pour répondre à la détresse des femmes victimes de violences. Il n’existait aucune structure de ce type en Martinique.

L’UFM a obtenu l’agrément Accueil de Jour (ADJ) en 2012.
L’ADJ a d’abord été implanté au sein d’une résidence à Coridon, avant d’être transféré à la rue Isambert, à Fort-de-France.
L’Espace Solange Fitte-Duval a été inauguré le 24 novembre 2014.
Depuis septembre 2017, les deux structures sont regroupées au sein de La Maison de Solange.

Affiche UFM 2019 - Lieux de réception

 

 

La Maison de Solange
Espace d’Ecoute, d’Information et d’Accompagnement – Accueil de jour
58 Rue Isambert – 97200 Fort de France

0596 71 26 26 – 0696 37 54 12
Lundi- Mercredi- Vendredi de 08h30 à 16h
Mardi et Jeudi de 8h30 à 12h

Deux permanences d’écoute sont également mises en place 1/mois:
– SMPI de Trinité (Cours Usine Epinette) : 3e jeudi du mois
– Villa d’Eole (Rue Zizine et des Etages) : 1er vendredi du mois

Informations : 0596 71 26 26 – 0696 29 29 03

 

Un espace de vie pour toutes

La Maison de Solange a vocation à être à la fois un espace d’accompagnement, un espace de répit et un espace d’échange.

L’Espace d’Ecoute, d’Information et d’Accompagnement répond au besoin d’accompagnement des femmes majeures pour sortir de la situation de violence. Il permet de repérer et désamorcer les situations de crise, si possible.
Les Intervenantes Sociales assurent un accompagnement personnalisé des femmes et les orientent quand cela est nécessaire. L’accompagnement proposé concerne l’aide sociale et financière, l’amélioration de la santé physique et psychique, l’assistance juridique, le soutien à la parentalité, le plan professionnel etc.

L’Accueil de Jour se veut un espace de proximité, en accès libre pendant les horaires d’ouverture, où l’accent est mis sur l’autogestion. En effet, en fonction de leur situation, il s’agit de faire confiance aux femmes dans leur capacité à s’organiser collégialement. Il s’agit là d’aider chaque femme à devenir ou redevenir actrice de sa propre vie et à occuper sa place citoyenne en lui offrant un espace de parole sécurisant, en favorisant son autonomie et en lui permettant de créer du lien pour rompre l’isolement caractéristique des situations de violence.

A la Maison de Solange, nous recevons :

  • Des femmes victimes de violences de tous types (psychologiques, physiques, économiques, sexuelles…) et en tous lieux (dans le couple, la famille, au travail, dans la rue…).
  • Des femmes ayant besoin d’aide pour l’accès à leurs droits,
  • Des femmes venues se renseigner pour une tierce personne,
  • Des femmes ayant besoin d’aide pour s’affirmer, se reconstruire ou qui veulent être écoutées.

Ces femmes peuvent venir avec leurs enfants (mineurs dans le cas des garçons).

Notre accompagnement socio-éducatif est en priorité destiné aux femmes de 18 ans et plus, victimes de violences dans le couple, avec ou sans enfants. Il peut aussi s’adresser à toute femme victime de tous types de violence, en tous lieux, qui souhaite prendre une respiration, s’informer, réfléchir et prendre une décision par rapport à sa situation de souffrance.

A la Maison de Solange, l’accueil est inconditionnel et sans rendez-vous.

Missions et objectifs

  • Prévenir et faire face aux situations de crise

Il arrive que des femmes arrivent de manière précipitée à La Maison de Solange parce qu’elles ont quitté leur domicile afin de préserver, de manière temporaire ou définitive, leur sécurité et celle de leurs enfants quand elles en ont. Dans ce cas, notre travail a pour but de garantir :

    • Un espace de transition avant l’accompagnement aux urgences hospitalières, au commissariat ou à la gendarmerie,
    • Une mise à l’abri provisoire en attendant l’orientation vers un hébergement sécurisé voire une sortie du territoire,
    • Une respiration de quelques heures, avant un retour au domicile
  • Accompagner les femmes vers la sortie de la situation de violence

Lorsque l’urgence est passée, ou avant qu’elle n’ait lieu, nous proposons aux femmes un accompagnement leur permettant de faire face à la situation de violence, voire d’en sortir.

Nos objectifs sont :

    • Créer un espace de parole sécurisant pour que les femmes puissent s’exprimer
    • Aider les femmes à comprendre et accepter leur situation
    • Accompagner la recherche de solutions par les femmes
    • Soutenir la mise en œuvre de ces solutions
  • Favoriser l’empowerment des femmes

La notion d’empowerment est centrale dans l’accompagnement des femmes victimes de violences. « Aux États-Unis, le mouvement des femmes battues qui émerge au début des années 1970 semble avoir été parmi les premiers à utiliser ce terme pour décrire le processus d’acquisition d’une « conscience sociale » ou « conscience critique » permettant aux femmes de développer un « pouvoir intérieur », d’acquérir des capacités d’action à la fois personnelles et collectives, et de s’inscrire dans une perspective de changement social[1]. »

[1] Bacqué, Marie-Hélène, et Carole Biewener. « L’empowerment, un nouveau vocabulaire pour parler de participation ? », Idées économiques et sociales, vol. 173, no. 3, 2013, pp. 25-32.

La Maison de Solange est donc un lieu, où en l’absence ou à la suite d’une situation de crise, les femmes peuvent se rencontrer, se retrouver, se (re)construire, se soutenir et s’inscrire dans la perspective d’un réel changement de paradigme, tant au niveau individuel qu’au niveau collectif.

Pour nous, il est fondamental de penser nos activités de sorte qu’elles permettent aux femmes que nous accompagnons de s’épanouir et de se positionner face à toutes les situations qu’elles rencontrent, en prenant en compte toutes les dimensions : sociale, culturelle, raciale etc. Nous tâchons donc de proposer des activités qui s’adressent aux femmes de tous âges, aux mères comme à celles qui n’ont pas d’enfants, de manière inconditionnelle, en respectant leur parole et leurs choix.

Il s’agit de :

    • Créer du lien afin de rompre l’isolement caractéristiques des situations de violence
    • Favoriser l’autonomie, le développement des ressources personnelles par des ateliers éducatifs, informatifs et de vie pratique
    • Encourager la responsabilisation en soutenant l’organisation collégiale et l’auto-gestion
    • Contribuer à la revalorisation et au bien-être physique et psychologique des femmes

L’équipe et les services proposés

L’équipe de la MDS se compose de :

    • 1 Secrétaire Accueillante qui assure l’accueil téléphonique et physique,
    • 2 Intervenantes Sociales qui reçoivent, accompagnent et orientent les femmes,
    • 1 Agente chargée de l’entretien des locaux,
    • 1 Animatrice de Structure qui coordonne.

Les professionnelles sont des personnes qualifiées et formées à l’accompagnement des femmes victimes de violences. Ensemble, elles veillent à :

EE

⇒ Ecouter les femmes,

⇒ Etablir un diagnostic social,

⇒ Fournir des informations relatives aux droits et aux dispositifs de recours existants,

⇒ Assurer un accompagnement personnalisé,

⇒  Aider aux démarches administratives, sociales, judiciaires, de logement etc…

⇒ Orienter vers les acteurs.trices et services spécialisé.e.s

ADJ

⇒  Mettre à disposition un espace de détente et de repos, une bibliothèque…

⇒  Permettre aux femmes de satisfaire leurs besoins primaires : repas, hygiène…

⇒  Assurer le confort des femmes : espace de répit, bagagerie…

⇒  Promouvoir l’accès aux outils de communication : téléphone, ordinateur, internet…

⇒  Offrir un accueil sécurisé aux enfants pouvant accompagner leur mère (tapis, jeux…)

Ø  Proposer des activités collectives répondant aux besoins repérés

L’accompagnement à l’Espace d’Ecoute est organisé par étapes et objectifs :

1 – Accueil téléphonique ou physique : Rassurer, écouter et orienter les femmes, établir un pré-diagnostic

2 – Diagnostic social et éducatif : Faire un bilan global de la situation de la femme sur les plans familial, économique, professionnel …

3 – Évaluation des besoins : Recueillir les besoins et attentes de la femme pour elle et pour ses enfants le cas échéant

4 – Élaboration d’un projet de vie : Aider la femme à définir et exprimer des objectifs et des moyens pour les atteindre, recenser leurs ressources et les éventuels freins

5 – Mise en œuvre du projet : Accompagner la femme vers l’autonomie : actions internes et/ou orientations externes

Services proposés à l’Accueil de Jour :

  • Outils de communication à disposition : internet, copies, téléphone
  • Domiciliation de courrier
  • Buanderie
  • Espace de répit avec accès à une douche, bagagerie,
  • Espace de détente, télévision, bibliothèque
  • Café de Solange, espace solidaire où consommer une boisson chaude, une collation
  • Coin enfants
  • Permanences d’avocates, de notaire