Campagne 2012 : Les violences sexuelles : ça commence comme ça …DISONS NON !

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Les chiffres, chez nous , montrent l’abîme entre la réalité du quotidien, quand on prend la peine d’interroger les femmes, et celles qui aboutissent à des plaintes. Ils sont encore pires que les études qui disent que seules 10 % des violences sexuelles se transforment en plaintes.

 
C’est dire et rappeler la souffrance des victimes dans un silence assourdissant, en grande majorité des femmes, leur isolement dramatique, les conséquences terribles de porter cette douleur pendant des années sans en avoir parlé.
 
Voilà pourquoi le thème des violences sexuelles nécessitait qu’on s’y penche sur 3 ans.
En 2011, après 10 ans de campagnes, le slogan était : En Martinique, 90% des violences sont tues, sa kriminel, fok nou poté mannev. Nous avons posé le problème, expliqué ce qu’étaient et où s’exerçaient les violences sexuelles, fait un état des lieux.
 
En 2012, nous voulons dénoncer tous les mécanismes et facteurs qui confortent les violences sexuelles et alimentent leur reproduction.
 
Les discriminations envers les femmes s’affichent régulièrement sur nos écrans, s’invitent dans nos conversations, nos blagues, nos chansons, les proverbes, traversent le temps et se répètent de générations en générations. Elles alimentent nos imaginaires.
Cela véhicule une image dégradée de la femme réduite et morcelée en tant qu’objet sexuel. Cela nourrit auprès de la population et des jeunes en particulier l’idée que les femmes sont une marchandise comme une autre, à consommer et à jeter après usage.
Cela concourt aussi à conforter toutes les inégalités et les violences que vivent les femmes dans nos sociétés et à alimenter leur reproduction.
Les violences sexuelles s’inscrivent dans un environnement plus général qui favorise les violences : une société basée sur la domination masculine, les inégalités entres les femmes et les hommes, la volonté sociale de maîtriser le corps des femmes et leur sexualité.
Travailler sur les violences faites aux femmes sous l’angle des violences sexuelles, c’est donc dans la continuité de la dénonciation de toutes les autres formes de violences qui ne peut se dissocier de la recherche d’une société plus juste et plus égalitaire pour toutes et tous.
 
L’acceptation passive de ces représentations est le point de départ des violences sexuelles.
 
Poser la question des violences sexuelles envers les femmes nous renvoie à notre intimité, notre façon d’aborder la relation à l’autre, notre façon d’aborder notre sexualité, notre façon d’élever nos enfants, dans notre environnement culturel et social.
Aussi, nous voulons, à travers le développement de ces différents thèmes donner à voir des choses qui, à force d’être banalisées, sont devenues quasi visibles.
 
Actrices et acteurs, toutes et tous ensemble ! Nous voulons que chaque femme, chaque homme, chacune et chaqun d’entre nous interroge ces stéréotypes, s’interroge au quotidien, décrypte et analyse ses paroles et ses actes.
 
Notre interpellation est individuelle mais aussi collective.
Nous savons le nombre de femmes et d’hommes engagé-e-s au quotidien dans le monde syndical, sportif, associatif. Ils et elles peuvent au sein de leur structure mener des actions de sensibilisation et de prévention.
Nous faisons appel à nos artistes, publicistes, journalistes pour être attentif-ve-s aux messages véhiculés dans leurs productions. Nous proposons aux enseignant-e-s de réfléchir aux choix de leurs textes, quelle que soit la matière enseignée.
Nous interpellons une nouvelle fois les collectivités pour qu’elles s’engagent dans une politique globale de lutte contre les violences envers les femmes : sensibilisation de leur personnel, intégration dans toutes les formations d’un module citoyen, axes de travail, aide pérenne, à hauteur des besoins et dans les délais aux associations de lutte comme l’UFM.
 
C’est nécessaire si nous voulons changer les mentalités, libérer la parole des victimes, faire reculer le phénomène et ses conséquences et que chaque jeune fille ou garçon se construise dans le respect des autres et dans l’égalité.
 
Edito du Fanm ansanm ou vansé (Novembre 2012) édité par l’UFM
 
Eléments statistiques
L’enquête « Genre et violences interpersonnelles en Martinique » réalisée en 2009 sur une population âgée de 18 à 59 ans a établi à 6 000 minimum le nombre de femmes majeures, victimes de rapports forcés ou de tentative de rapports forcés dans la sphère intime (mari, ami…) sur une année.
Ces femmes ont commencé à subir ce type de violences alors qu’elles étaient mineures (90 % des cas).
Les chiffres de la gendarmerie, au 30 octobre 2012, 60 % des 122 victimes de violences sexuelles étaient des mineurs dont 80 % de femmes.
Le nombre de victimes mineures non estimé dans l’enquête est donc probablement très important.
256 faits de violences conjugales ont été enregistrés en 2011 par la police. Soit, pour les seules communes de Fort-de-France et du Lamentin. Et, sur la même période et pour la même zone : 64 faits de violences sexuelles.
En 2010, 410 plaintes pour violences sexuelles en Martinique
L’UFM n’est plus seule
Lancée pour la première fois en 2000, à l’initiative de l’Union des femmes de la Martinique (UFM), la campagne pour l’élimination des violences envers les femmes a bénéficié dès 2002 du soutien de la délégation régionale aux droits des femmes et à l’égalité (avec l’arrivée de Josette Augustin à la tête de celle-ci). Cela fait donc 12 ans que cette campagne est menée chaque année, devenant progressivement un moment fort pour alerter la population. Aujourd’hui, aux côtés de l’UFM, on trouve les associations suivantes : Konbit, AADPAS et Rosannie Soleil.
Les temps forts:
– Lundi 19 novembre : lancement officiel de la campagne, ce matin, en préfecture.
– Mercredi 21 novembre : 18 heures, rencontre-débat à l’UFM (Espace Jane Léro, 17 rue Lamartine à Fort-de-France), sur le thème « Hypersexualisation, pubs sexistes, vidéos dégradantes, quel impact sur les violences ? » . Ce même soir, vernissage de l’exposition « Notre société au quotidien » .
– Samedi 24 novembre : caravane itinérante. Au Lamen-tin, de 8 heures à 12 heures. Au Lorrain, de 8 heures à 12 heures également.
– Dimanche 25 novembre : Journée internationale pour l’élimination des violences envers les femmes. C’est aussi le semi-marathon international de Fort-de-France. Une opération « ruban blanc » sera menée avec les sportifs.
– Lundi 26 novembre : violences sexuelles au travail. « Et si on en parlait ? » , à la Maison des syndicats, de 17 heures à 20 heures.
– Samedi 1er décembre : action de sensibilisation grand public, au François, de 8 à 12h.

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