Une matinée à la cellule d’écoute de l’UFM

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Une matinée c’est peu de temps mais beaucoup de travail et très intense pour les écoutantes face à une quantité de détresses auxquelles elles doivent faire face.

    Ca commence par le ménage car il faut tout faire soi-même : Jacqueline passe l’aspirateur et la serpillière. Christina, Emmanuelle et Wylma contrôlent les messages laissés sur le répondeur et les faxs arrivés depuis la veille. Déjà la sonnette retentit : la première femme se présente. Elles seront 7 au cours de cette matinée à venir demander aide, conseils, toutes fatiguées, souvent désespérées, espérant trouver enfin leur solution.

    C’est Jacqueline qui est l’écoutante ce matin. Dès qu’une femme sort de son bureau où elle a parlé et raconté ses problèmes, elle est prise en charge par Christina, Emmanuelle ou Wylma. Il faut pour l’une faire une demande d’aide alimentaire : il y a le secours catholique, le fourneau économique de la rue Gallieni, le secours alimentaire adventiste route des religieuses ; il faut téléphoner à chacun.

Finalement cette femme est envoyée route des religieuses au secours adventiste.

    Une autre parle du droit au logement opposable : elle ne sait plus où aller, son ancien concu­bin a brisé la porte de son nouveau domicile. l’UFM va alerter la Simar, Ozanam, et le 15 mai elle sera accompagnée au tribunal car elle aura pu porter plain­te grâce aux avocates de l’UFM .

    Une autre voudrait du travail, c’est urgent, on l’adresse à La­kensyel au Lamentin, structure de travail solidaire entre parti­culiers. Chaque fois, il faut ré­diger un courrier pour les divers organismes, prendre le RV chez le médecin qui fera le certificat médical pour telle ou telle rai­son, prendre rendez-vous avec l’avocate, l’assistante sociale, etc…et en même temps il faut répondre au téléphone qui n’ar­rête pas de sonner (demandes de rendez-vous, demandes de conseils, besoin de parler).

    Tout ce travail est prolongé par ce­lui des militantes à l’extérieur de la cellule d’écoute : ainsi ce ma­tin à 11 heures George, Ymelda et Muriel avaient rendez-vous avec le Préfet pour l’affaire de la jeune congolaise dont le mari porte plainte contre l’UFM. Et dans chaque commune, tous les jours, des militantes anonymes contribuent à aider les femmes et à les diriger éventuellement vers la cellule d’écoute pour une aide plus concrète, juridique, sociale ou autre. Elles en sont le relais indispensable, le premier maillon sans quoi rien ne serait possible.

    Pas toujours facile ce travail, fait avec des moyens insuffisants. Mais une des femmes venues ce matin a dit en sortant du bu­reau de Jacqueline : « j’ai bien pleuré, ça m’a fait du bien. Et quand ça ira mieux pour moi, je pourrai venir vous aider pour les autres ». Preuve que la cellule d’écoute comme l’action des mi­litantes au-dehors est un besoin pour des femmes dans l’urgence de détresses extrêmes et sour­ce d’espoir pour elles en même temps. Il faut que les pouvoirs publics adhérent davantage par leur soutien financier à ce travail d’intérêt public.


Anne-Marie J-F

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