Elles ont perdu la vie parce qu’elles ont osé revendiquer leur dignité.

Publié le

nov 2008

L’UFM a rendu hommage aux femmes de la Caraïbe victimes du drame conjugal. Elles ont perdu la vie parce qu’elles ont osé revendiquer leur dignité.

25 nov

Dans la soirée du 25 novembre, sur la place des Arawacks, à Schoelcher, l’assistance a eu droit à un court mais très apprécié spectacle. Un sketch d’une sobriété calculée. Pas d’intrigue ni de dialogue mais une scène unique : une ronde de femmes autour d’un espace qui se remplit au fur et à mesure des chaussures qu’elles y jettent.

Dès le début, l’émotion du spectateur est mis en éveil par le lent glissement d’une toile qui découvre une silhouette de profil , celle de la femme disparue, réduite à une absence. Et puis une voix égrène la longue liste des noms de femmes mortes sous les coups de ceux qui disaient trop les aimer ou trop les haïr. Pour chaque nom, deux chaussures attachées ensemble, fendent l’air pour s’abattre dans le tas.

L’assistance est muette. Les visages sont immobiles mais le regard suit chaque vol de sa naissance à son achèvement. C’est que la chaussure est un symbole qui fascine. Elle fait partie de l’habillement, elle est en contact direct avec la peau. Un objet intime qui évoque intensément le corps qui l’a porté. Le spectateur regarde les deux chaussures qui s’envolent. Où est le corps qui va avec ? Notre imagination se tend en vain mais nous n’avons plus que le sentiment aigu de l’absence .

Ce qui reste de ces femmes est un tas qui grossit petit à petit, qui heurte l’oeil et blesse le cœur. Dans leur inertie, les chaussures s’obstinent à témoigner que des vies ont été supprimées et réduites à un rien. L’émotion qui nous étreint est à son comble.

Ainsi ce que le discours le mieux construit a du mal à faire passer, une scène fugace nous le communique : un sentiment qui mêle tout à la fois l’horreur et l’indignation, la tristesse et la révolte.

Le drame de la femme maltraitée ? Habituellement nous admettons son existence mais dans un autre monde que le nôtre, un univers loin de celui dans lequel nous évoluons avec nos certitudes.

Désormais nous ne pouvons plus ignorer.

 

Malou Gonier

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