Féminisme : devoir de vigilance

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Le 20ème siècle a sans doute été le siècle des femmes en Occident. Nous avons obtenu un rôle de citoyennes, une meilleure accessibilité à l’enseignement, une autonomie matérielle et surtout la maîtrise de notre fécondité. Il reste encore un long travail d’éducation à accomplir pour que nous obtenions une réelle égalité de fait et une vraie parité politique et décisionnelle dans la société ; et ceci pas « contre les hommes » ni en devenant « comme des hommes » mais en travaillant ensemble à trouver une juste harmonie qui satisfasse le genre humain dans son ensemble.

Les féministes ont donc un devoir de vigilance :
 
Parce qu’en matière de sexisme rien n’est jamais totalement acquis : chassez le naturel d’une culture patriarcale machiste, il reviendra au galop 
 
– les incivilités qui touchent les femmes dans la rue, dans le milieu scolaire, professionnel, médiatiques sont courantes.
– les provocations au travail sous forme de blagues ou d’images pornos à caractère sexiste deviennent habituelles ; le harcèlement dénoncé, pourtant considéré comme un délit, se retourne souvent contre sa victime sous prétexte de manque de preuve et surtout de manque de témoin courageux
– les insultes sexistes, le mépris, les violences sexuelles et morales
– la dévalorisation des femmes comme individus en les employant comme objets sexuels (prostituion, traite des femmes) et objets de consommation (publicités sexistes) sont en constante augmentation
– les lois religieuses discriminatoires et sexistes (mariage forcé, excision, voile, appel à « corriger » les femmes) tentent de s’imposer comme retour à une morale sexiste et discriminante
– la revalorisation extrémiste du rôle de mère, de femme gardienne du foyer et pilier moral de la famille
– l’émancipation féminine responsable de la faillite du couple et de la famille.
 
Parce que les mentalités changent très lentement.
 
On ne sort pas de milliers d’années d’inégalités, d’asservissement, de discriminations à l’encontre du genre féminin, en quelques années de lutte.
 
Parce qu’il y a des tentatives de régression, de remise en question de lois votées (IVG) et des points non encore satisfaisants.
 
Parce que les lois existantes ne sont pas réellement et drastiquement appliquées.
 
– la loi contre le viol (on estime que 1 viol sur 100 aboutit à une condamnation et il est souvent déqualifié en « agression sexuelle »). La victime est parfois traitée en coupable : « a-t-elle provoqué ? » et pour cette raison, bien des femmes n’en parlent JAMAIS, notamment quand il s’agit d’inceste !
– loi contre les harcèlements : quand la victime devient l’accusée !
loi contre les discriminations sexistes à l’embauche : « une femme va faire des enfants » !
– loi contre les violences conjugales : dénoncer son conjoint c’est souvent se mettre en danger et mettre en danger ses enfants
 
Parce qu’il faut être solidaire des femmes des autres pays du monde où des raisons culturelles, politiques et surtout religieuses sont un frein à l’égalité homme-femme. Notre solidarité doit leur permettre d’inventer LEUR féminisme et ce sera leur victoire. Espérions que leur combat ne sera pas récupéré à des fins électorales par des partis politiques qui ne se sont pas souvent distingués dans les luttes contre le sexisme.
 
Parce que les jeunes générations, nos enfants ou petits enfants semblent tenir pour acquises les formidables avancées obtenues en matière d’égalité homme-femme. Il faut rappeler que ce sont des féministes qui sont à l’origine des progrès sociaux en faveur des femmes et que sans leurs combatas, pas de droit de vote, point de contraception, point de droit à l’IVG, pas de loi contre le harcèlement, pas de loi pour la parité.
 
La vigilance féministe, un combat quotidien difficile. De nombreux freins conduisent au silence et au déni des femmes et des hommes féministes.
– l’étiquette féministe (moche, agressive…) difficile à assumer entraine parfois l’effet inverse de ce qui est recherché : ça clôt le débat !
– le manque de courage et d’arguments qui font débat
– la solidarité des femmes entre elles qui reste à construire
– la difficulté des femmes à reconnaître leur situation de domination (trop occupée « à faire », le manque d’estime de soi, la mixité inégalitaire permanente..;)
– gérer ses contradictions : être féministe selon la vision dominante et être dans une démarche de déconstruction des rôles
– l’emprise forte de l’éducation patriarcale annule la prise de conscience de tous les aspects des luttes à mener :
* au travail
* à la maison
* dans les relations familiales
* à l’écoute de notre environnement « culturel » (publicités, textes de chansons, textes soit disants humoristiques)
 
Pour toutes ces raisons, la sororité, l’entretien d’une culture des solidarités est primordiale.
 
« L’égalité des sexes n’est pas encore là et tant qu’elle ne sera pas installée durablement dans les consciences, on aura besoin de féministes » VIGILANCE !

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