FEMME, J’ÉCRIS (ET JE DIS) TON NOM !

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FEMME, J’ÉCRIS (ET JE DIS) TON NOM !                                      « On ne peut être égale sans être visible » L. L. Larivière

         Beaucoup de gens s’obstinent à refuser la féminisation des mots et ne connaissent, par exemple, que « les hommes politiques » quand ils ne s’écrient pas carrément : « Messieurs les hommes politiques » ! Pourquoi ainsi méconnaître le long combat des féministes pour l’accession des femmes à toutes les professions et à toutes les responsabilités, ainsi que les victoires même incomplètes qu’elles ont remportées dans cette lutte ?

On nous répond par plusieurs arguments : D’abord, ces féminins n’existent pas dans la langue, où aller les chercher ?
Et puis, il faut protéger la « belle langue française » qu’une féminisation abusive alourdirait et enlaidirait définitivement !

D’ailleurs, la féminisation à outrance se retournera contre les féministes elles-mêmes qui risquent  les moqueries en imposant l’usage, pour les nommer, de mots ridicules ; et l’on cite en général à l’appui, en faisant les gorges chaudes, le mot « écrivaine » qu’on décompose en : « écri-vaines » !

Au demeurant, poursuivent nos contradicteurs, les choses ont toujours été comme ça et c’est très bien, le masculin a valeur de neutre, les féministes sont des enquiquineuses qui font des histoires pour des détails, des choses qui n’en valent pas la peine.
Et certains, plus féministes que les féministes elles-mêmes, vont jusqu’à nous  faire la leçon : l’essentiel n’est pas de se battre pour le mot, mais pour la chose :   l’égal accès des femmes à toutes les professions, et même, osent les plus audacieux, à un salaire égal pour un travail égal !

Que répondre à tous ces arguments ?

D’abord, les linguistes affirment que le masculin n’est pas le neutre ; que le neutre n’existe pas en français, mais que, par contre, la langue française comporte tous les outils grammaticaux nécessaires pour s’adapter (comme elle l’a fait à maintes reprises dans son histoire) et créer des féminins.D’ailleurs, des listes de  suffixes et des conseils pour la féminisation des noms de métiers et des charges, en particulier, sont disponibles sur le Net, à l’initiative du gouvernement socialiste et/ou de féministes.
Si certains machos trouvent les féminins lourds, laids ou même ridicules, c’est justement parce qu’ils n’en ont pas (encore) pris l‘habitude. Ou alors, qu’ils sont intéressés et de mauvaise foi. Car enfin, en quoi serait-il plus stigmatisant d’être « écri-vaine » qu’ « écri-vain » ?
Quant aux bons apôtres, qui nous prêchent le pragmatisme : se battre pour la chose plutôt que pour le mot, nous leur répondrons que la masculinisation systématique de la langue n’est ni naturelle, ni innocente.
Comme dit un internaute : « refuser la féminisation des métiers et des titres, c’est ipso facto montrer de la réticence à accorder aux femmes, en tant que telles, la place ou le rang auquel chacune est parvenue : ce métier ou ce titre seraient bien du domaine masculin, ça ne serait que par « accident » qu’elles y seraient parvenues. »

Et la linguiste Louise L. Larivière précise : « Le refus de la féminisation vise à rendre invisible la présence des femmes tant dans la langue que dans le monde… elle tend à les renvoyer dans la marginalité et à leur nier toute identité propre. »  Et « toute existence propre », ajouterions-nous même. ( Le comble du  « négationnisme » étant atteint en français par l’emploi du mot « homme » pour désigner à la fois l’espèce humaine et l’individu mâle de cette espèce !) La conclusion de tout cela c’est qu’il ne faut pas faire confiance au dominant et attendre de lui qu’il dénonce de lui-même sa domination et les instruments de celle-ci ! Mais, nous diront nos contradicteurs, croyant dénicher l’argument massue, de nombreuses femmes elles-mêmes répugnent à employer le féminin et tout particulièrement à  féminiser leurs titres.

À cela, nous répondons tranquillement que, « naturellement », il y a des femmes aliénées à l’idéologie patriarcale dominante. Elles semblent avoir « intégré la notion d’infériorité congénitale de leur sexe » et refusent de féminiser leur titre « pour ne pas ternir le prestige de la profession » (B. Groult).

Celles qui ont un certain pouvoir dans la société ne veulent pas compromettre leur situation en se démarquant comme femmes. Elles préfèrent s’identifier et se solidariser avec le sexe dominant plutôt qu’avec leurs semblables qui luttent pour la reconnaissance dans tous les domaines.
Pour toutes les autres, comme dit Louky Bersianik : « Quand on naît dans l’injustice, on ne le sait pas tout de suite »En conclusion, nous affirmons que se battre pour que la langue enregistre les résultats des luttes de femmes et reconnaisse la place de plus en plus grande que ces luttes assurent à celles-ci dans la société fait partie intégrante du combat féministe.

Et  que les hommes féministes et démocrates sincères doivent soutenir ce combat, car «  il est évident qu’en reflétant les changements sociaux, la langue transformera à son tour les mentalités » (L.L.Larivière). 

Huguette Bellemare, UFM
(Sources : Internet, Élaine Audet La féminisation linguistique : Nommer notre présence au monde L’internaute, forum : Pour ou contre la féminisation des mots)

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