Cause des pères ou offensive masculiniste ? – 2013

Publié le Mis à jour le

L’action de Serge Charnay, père de famille -déchu de ses droits parentaux-, hissé sur une grue à Nantes pendant 4 jours a défrayé la chronique ; beaucoup se sont interrogés sur ses motivations et sur son mode opératoire inspiré du mouvement masculiniste, mouvement antiféministe par excellence, très actif au Québec.

Sous prétexte de défendre les droits des pères, les masculinistes souhaiteraient en fait rogner et même inverser les avancées obtenues par les féministes.

LE MASCULINISME.

Ce mouvement apparaît dans les années 1980 en Europe, s’étend dans les pays Anglo-saxons, se caractérisant par des actions-choc spectaculaires souvent violentes, par des manifestations pour attirer l’attention des médias sur leurs droits de père, sur leurs revendications autour de la thématique familiale.

Les féministes sont attaquées depuis les années 70, aux USA et au Canada singulièrement, par ces théories masculinistes. « Mens movement » ; c’est un mouvement qui utilise la notion de droits des hommes dans le but d’entraver l’établissement d’une véritable société de droit, voulue par les féministes. Il est qualifié  de « lobby d’incitation et d’appui à la criminalité sexiste »(Cf. M Defresne).

 

Les adeptes de leurs théories réfutent l’idée des atteintes sexistes infligés par des hommes aux femmes, contestent la misogynie du sexisme au quotidien, ceci au nom d’une fraternité mâle. Au Canada, et aux USA, ils véhiculent des messages plus ou moins implicitement antiféministes. Ces hommes ont été les auteurs de plusieurs tragédies (assassinats de femmes et d’enfants) qui ne sont pas de simples anecdotes mais un terrorisme sexiste, autour du thème du droit de visite en particulier. Financièrement, ils sont bien organisés pour aider les accusés de viol et de violence conjugale : pour affirmer leur innocence, baisser les peines encourues, décriminaliser les violences conjugales et mettre en avance des filières thérapeutiques en faveur des auteurs de ces violences.

Faut-il y voir une montée de ce mouvement et une menace pour la libération des femmes ? Les membres de ce mouvement sont réactionnaires et selon Patric Jean (réalisateur de la Domination Masculine), ce mouvement prône un rétablissement des valeurs patriarcales, la suprématie de l’homme sur la femme ds la famille, un durcissement des conditions du divorce quand celui-ci est demandé par la femme…. Pour les féministes, ces revendications sont un moyen de revenir sur les évolutions libérales et progressistes de la condition féminine en se victimisant par l’intermédiaire des associations de défense des droits du père

  1. Charnay et les associations de défense des droits des pères se font les porte-parole de ce mouvement.

GARDE ALTERNEE PAR DEFAUT : ATTENTION   !

Les masculinistes réclament une réforme du système juridique en faveur de la résidence alternée comme principe de base lors d’un divorce ou d’une séparation, que cette résidence alternée soit rendue obligatoire. L’évolution de la réalité familiale leur donne -croient-ils- le sentiment légitime d’exiger à être entendus au même titre que les mères. Les enfants, selon FNSF, sont souvent instrumentalisés par des pères violents qui veulent maintenir une emprise sur leur compagne. Plus grave : le lobby masculinistes (dont se revendiquent les deux pères français récemment vedettes des JT) veut faire reconnaitre le SAP (Syndrome d’Aliénation Parentale) dans la législation et les normes internationales classifiant les maladies psychiatriques. C’est un concept psychologique (décrié par les spécialistes) qui vise à  innocenter les pères présumés incestueux et violents. Selon ce concept, 90 à 98 % des mères dénonçant abus et violences sexuelles paternels seraient folles et manipulatrices. Des mères dangereuses,  donc, des enfants confiés à leur père (même violent et incestueux ; cela s’est fait !).  Et si les mères s’opposent à la garde alternée, elles sont passibles d’amende et de prison.  Ces lobbies ont récemment encore tenté, en France, de faire passer un amendement en ce sens, pendant les débats sur le mariage pour tout à l’Assemblée Nationale française (débusqué et rejeté). Enfin, notons que dans les divorces en France, 80% des couples s’arrangent entre eux et 20 % sont concernés par une éventuelle loi sur la garde alternée par défaut : ce sont précisément ces couples où il existe de la violence conjugale et familiale, des abus sexuels paternels sur les enfants…Le danger est là pour les enfants, pas ailleurs !

 

  1. Charnay a repris à son compte les méthodes des « Father 4 justice » par son coup de force.

 

OPERATION MEDIATIQUE : MANIPULATION MASCULINISTE

Deux jours de mascarade médiatique sur nos écrans autour du 15 février dernier ! Et le premier ministre annonce qu’il demande à la garde des sceaux et à la ministre déléguée à la famille, de recevoir SOS Papa et d’autres associations qui défendent les « droits des pères ».  L’opération coup de poing des grues à Nantes décale les vraies responsabilités, notamment en ce qui concerne les maris violents, qui ne sont pas des « bons pères » honteusement privés de leurs enfants ! Les enfants aussi sont victimes des violences conjugales : au moins 30 % d’entre eux subissent des violences directes. Monsieur Serge Charny a été condamné à la prison ferme pour enlèvement de son fils de 6 ans ; Monsieur Nicolas Moreno et accusé de violence conjugale et maltraitance…Il faut être claire : cette opération médiatique bien orchestrée, prévue de longue date (juste le lendemain du 14 février et « one billion raising ») vise un but précis : créer une pression médiatique en faveur d’un projet de loi pour la résidence alternée par défaut. Et ils n’ont pas dit leur dernier mot.

 

L’ENFANT.

Les hommes  masculinistes s’identifient à l’enfant dans leur guerre contre les femmes. Par exemple, dans la récente affaire des « grues » à Nantes, l’affiche mise en place par le père concerné était : « Benoit – 2 ans sans papa » ; c’est une instrumentalisation (violente) de l’enfant ; ce devrait être « Serge – 2 ans sans son fils ». Il est même question de spirale narcissique les concernant. La paternité sert d’alibi. Les masculinistes veulent retirer aux enfants les garanties du droit de la famille et de la protection des enfants, au profit de privilèges absolus pour les pères biologiques. Ils veulent aussi remplacer la pension alimentaire par une soit disant « responsabilité partagée ». Face aux « droits des pères », les féministes que nous sommes opposent que la parentalité n’est pas un droit mais un devoir, une responsabilité et qu’un parent responsable et capable est celui qui prend en charge ce devoir

 

ETRE PERE  AVANT LA SEPARATION !

Même si l’on peut admettre l’existence timide une tendance de « nouveaux pères » plus investis dans l’éducation de leurs enfants, les pères n’assurent pas 40% des tâches éducatives et le travail scolaire est suivi majoritairement par les mères. Seulement 44% des femmes ont une carrière complète car elles privilégient le fait de consacrer une partie de leur vie à l’éducation de leurs enfants. Seulement 30% des pères français  réclament la garde des enfants  au moment du divorce.

 

L’autorité parentale commune existe, la garde alternée pose « simplement » le problème d’organisation quand il y a éloignement géographique, la vigilance reste de mise

 

VIGILENCE.

Nous devons réaffirmer les revendications féministes capables de lutter contre cette nouvelle attaque en règle.

-Demandons au gouvernement d’être prudent : reconnaitre l’importance de la place des pères ne doit pas éluder la question des mesures particulières nécessaires dans toutes les situations de violence

-Demandons au gouvernement de répondre aux demandes de concertation faites par les associations féministes pour présente leurs propositions suite au comité interministériel aux droits des femmes et à l’égalité.

-Demandons de permettre le secret de l’adresse de la mère dans toutes les situations de violences conjugales, pour protéger les femmes, leurs enfants et les centres qui les accueillent.

-Demandons que les relations d’un père auteur de violences conjugales avec son enfant soient limitées.

-Demandons au gouvernement de multiplier les points de rencontres.

-Demandons au gouvernement d’améliorer la prise en compte des effets des violences conjugales sur les enfants.

-Demandons au gouvernement que les mesures d’interdiction faites aux auteurs de violences de contacter leurs victimes soient effectives.

-Demandons au gouvernement de proscrire le recours aux médiations pénales et/ou familiales dans les cas de violences conjugales

 

Collectif Stop Masculinisme

 

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