Adhésion féministes à la cause LGBT – 2013

Publié le

L’égalité des droits au centre de la réflexion tenue en fin de semaine au Centre d’information et d’orientation des femmes et des familles.
« C’est la montée de l’homophobie qui a fait notre adhésion à la cause du mariage pour tous », lance Nicole Thuet, représentante de la Marche mondiale des femmes et administratrice au sein du Centre d’information sur le droit des femmes et des familles (Cidff) à Marseille, où a été organisé en fin de semaine un échange autour de la question du mariage pour tous et toutes. Car si les opposants au mariage homosexuel ont largement réussi à occuper le terrain médiatique après de nombreux rassemblements en suscitant une vaste polémique, l’égalité des droits et en particulier, le droit d’accès au mariage, était au centre de la réflexion tenue dans les locaux du Cidff en présence de nombreuses militantes féministes.
Sur le plan juridique, si le Pacs (Pacte civil de solidarité) instauré en 1999 qui prévoit l’organisation contractuelle d’une vie commune entre deux personnes de sexe différent ou de même sexe, s’améliore progressivement pour se rapprocher du mariage en terme d’obligations ou de protection des « concubins », « le mariage reste encore l’institution la plus protectrice et la plus sécurisante pour le couple et la famille », a voulu rappeler Françoise Creusevau, juriste au sein du Cidff.

« Homophobie latente »

Un vide juridique stigmatisant qui ne va pas sans rappeler les tourments tragiques de l’histoire du mouvement homosexuel. Force est de constater encore aujourd’hui cette « homophobie latente est imprégnée de la culture bourgeoise du mariage, de la famille, du couple et de la reconnaissance », déclare Christian De Leusse, président de Mémoire des sexualités et militant, qui a oeuvré au sein du Groupe de libération homosexuelle (GLH) à Marseille. Culture bourgeoise que « le mouvement populaire a essayé de s’approprier ». « Au début, lorsqu’ont émergé les revendications homosexuelles en terme de mariage, nous, féministes, n’avons pas compris, avoue Nicole Thuet, le mariage est depuis les années 1970 une institution ringarde. » Mais aujourd’hui, la donne n’est plus la même, les levées de boucliers homophobes contre l’égalité d’accès au droit suscitent l’adhésion féministe à la cause. Une cause qui semble devoir rattraper le temps perdu des années Sida.
« On s’est battu pour la dépénalisation de l’homosexualité en 1982 mais il aura fallu attendre la moitié des années 1990 pour faire avancer le droit, raconte le président de Mémoires des sexualités, on avait pas pensé qu’après la dépénalisation, il aurait encore fallu se battre pour nos droits et on s’est aperçu que beaucoup se retrouvaient seuls après la mort du conjoint pendant les années Sida. » Une réalité d’où a émergé le Pacs puis aujourd’hui, le droit au mariage et à l’homoparentalité. « On s’est rendu compte que beaucoup avaient des enfants et la bataille solidaire nous semble essentielle. »

Emmanuelle Barret

 

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