Avec les Damnées de la terre, faisons entendre nos voix ! – 2010

Publié le

La réunion de ce mercredi 8 décembre 2010 à la Maison des Syndicats a rassemblé une cinquantaine de personnes. Seriez-vous étonné-e-s si nous précisons : une cinquantaine de femmes ?  
Une cinquantaine de femmes, pour la plupart embauchées dans des associations d’aide : aides à la personne (personnes âgées, handicapées) accompagnatrices d’enfants dans les écoles maternelles et primaires, aides éducatrices, secrétaires, agentes administratives. Tous ces métiers que l’on réservent qu’ aux femmes, stéréotypés, mal reconnus mais tellement nécessaires, qui tournent autour de la sphère domestique et sont, bien entendu, mal payés et précaires.
Beaucoup de ces femmes ont déjà effectué tous les contrats aidés possibles depuis 15 ans… Et chaque fois, elles sont persuadées que leurs compétences et leur expérience seront reconnues et qu’elles auront un contrat définitif. Et chaque fois, c’est le même scénario : à la fin du contrat, elles sont remerciées avec toujours autant d’égard !

Une femme témoignait : « je suis allée toucher mon salaire au bureau de la Directrice et elle m’a remis en même temps mon « attestation de solde de tout compte ». C’est ainsi que j’ai appris que je mon contrat n’était pas renouvelé. Quel choc ! »

Oui, elles sont traitées avec mépris, comme des objets que l’on prend, rejette, reprend sans égard aucun. Cela traduit le regard porté sur elles : « Ce ne sont que des femmes, dans des boulots de femmes, ce n’est pas très important.  Elles seront là de toutes les façons à attendre la bouche ouverte le prochain contrat qu’on voudra bien leur proposer ! » C’est ça la violence institutionnelle que nous dénonçons !

Nous dénonçons aussi le démantèlement  des services rendus. Démantèlement  qui pénalisent d’abord les plus humbles, ceux qui sont mis aux bancs de cette société qui produit les inégalités et la misère.  Que feront ces mères qui ne pourront pas bénéficier de la garderie de l’école à 6h30 ou de l’encadrement des élèves pour aller « jober » ?

Les  féministes de  l’Union des Femmes de la Martinique dénoncent depuis des années,  et continuent de dénoncer  ces discriminations envers les femmes, ces injustices, ces violences  qui leur sont faites dans le monde du travail : bas salaires, précarité, sous-emploi, exploitation, pwofitation…  Cette  main d’œuvre à bon marché fait l’affaire d’un gouvernement  cynique : l’argent manque pour le renouvellement des contrats mais pas pour la guerre en Afghanistan ou pour renflouer les caisses des banques !

Cependant, chez nous non plus, pas un élu, pas une élue ne se lève pour dire : « Traitons notre peuple autrement ! Ces travailleuses ont droit à la dignité, au respect, à un travail décent, notre pays a besoin de leur compétence ». Pas un , pas une ne  s’est prononcé-e contre cette dégradation de l’emploi, malgré la crise qui avait déjà secoué il y a deux ans l’ensemble de la Martinique avec une première vague de contrats non renouvelés surtout dans l’éducation. Pas un mot. Pas une prise de position.

Alors, les Damnées de la terre, faites entendre vos voix !

Toutes et tous avec « Le Collectif des 5300 », samedi 8 décembre 2010 à 9 heures, à la Maison des Syndicats, pour dénoncer l’arrêt brutal et injuste de ces 5 300 emplois aidés, exiger leur prolongation jusqu’à leur terme et crier :
« Non à la précarité organisée !
Non à l’exclusion ! »

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