Nous condamnons les stéréotypes sexistes

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L’Union des femmes réagit régulièrement aux affiches publicitaires mettant en scène des femmes, les jugeant sexistes.
Est-ce un phénomène qui prend de l’ampleur selon vous ?
Le phénomène, qui ne date pas d’aujourd’hui, semble en effet prendre de l’ampleur : la société de consommation pousse à de plus en plus de publicités, de plus en plus éphémères (une affiche reste peu de temps sur les panneaux 4 x 3), et pour les publicistes, tout ce qui peut faire vendre, est « bon à prendre » . C’est le cas, d’après eux, du corps de la femme, découpé en morceaux ou plié dans les postures les plus humiliantes, selon leurs « besoins » . Et cela surtout en ces temps de crise où ils n’ont, par-dessus le marché, rien à dire sur des produits qui se ressemblent de plus en plus!
D’ailleurs, ce phénomène dépasse la publicité pour envahir maintenant d’autres secteurs de la société : les médias, et même certaines vitrines de magasins!
A partir de quand une image est-elle sexiste ?
Il y a des définitions très claires et communément acceptées, y compris par les professionnels de la pub.
Une publicité est jugée sexiste, si une personne est réduite au rôle traditionnellement lié à son sexe, représentée de manière stéréotypée ou comme un objet sexuel. Ou s’il n’y a pas de rapport entre la nudité de la personne figurant sur la publicité et le produit.
Est en particulier à considérer comme sexiste, toute publicité dans laquelle des hommes ou des femmes sont affublés de stéréotypes sexuels mettant en cause l’égalité entre les sexes. Quand est représentée une forme de soumission, d’asservissement, ou, est suggérée que des actions de violence ou de domination sont tolérables.
Il faut y ranger les images où les enfants, les adolescents, ne sont pas respectés par un surcroît de retenue due à leur âge. Egalement, quand il n’existe pas de lien naturel entre la personne représentant l_un des sexes et le produit vanté. La personne sert d’aguiche, dans une représentation purement décorative.
Enfin, ce sont aussi les images où la sexualité est traitée de manière inconvenante.
La mise en scène des hommes vous choque aussi ?
Bien entendu, car nous sommes pour la dignité, l’intégrité de tous les êtres humains. Nous sommes pour une société d’égalité entre les femmes et les hommes mais pas une société faite pour et par les femmes exclusivement qui serait simplement la copie inversée de la société patriarcale, de domination masculine, dans laquelle nous vivons.
Ces images que vous dénoncez ne semblent pas choquer le grand public, ce combat est-il toujours d’actualité ?
Qu’en sait-on ? Il faudrait des enquêtes pour connaître l’opinion. Pour notre part, notre numéro spécial de « Fanm Ansanm Pou Vansé » où nous dénoncions les pubs sexistes et les concours de miss, a reçu un très bon accueil dans tous les milieux, et la pub Krys nous a valu de nombreux coups de fil indignés nous demandant ce que nous comptions faire.
Oui, le combat est plus que jamais d’actualité, mais il est vrai que nous n’avons pas la force de frappe de ces publicistes et annonceurs. II faudrait davantage d’emissions, de débats dans les médias pour aller à l’encontre de cette pensée unique! Lorsque l’on explique aux personnes les conséquences funestes de ces pratiques, en particulier de cette hyper-sexualisation de la société, elles comprennent irès bien.
Quels sont les effets de l’utilisation de cette imagerie dans le cadre publicitaire, selon vous ?
Ils sont extrêmement pernicieux : elle fait vivre femmes et hommes dans un monde fantasmatique. Les premières croient pouvoir obtenir la beauté, l’amour et le succès grâce à la consommation et elles se jetteront, par exemple, dans la course illusoire au corps parfait. Les seconds s’imaginent qu’ils sont tout puissants et que les femmes sont à leur disposition et à leur service, d’où la recrudescence de la violence lorsqu’ils s’aperçoivent qu’il n’en est rien.
Bref, cette imagerie fausse les rapports entre femmes et hommes et joue tout particulièrement un rôle de « déséducation » envers la jeunesse. Et après, on s’étonne de trouver chez les jeunes, confusion entre l’intime et le public, banalisation de la pornographie, et dégradation des rapports entre les sexes!

 

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