Olympe de Gouge – pionnière du féminisme.

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Olympe de Gouge, pionnière du féminisme.
Son nom fut brièvement évoqué quand il s’est agi de faire entrer une ou plusieurs femmes au Panthéon. Finalement, François Hollande lui préféra Germaine Tillion, ethnologue et résistante et Geneviève de Gaulle-Anthonioz, ancienne présidente d’ATD quart-monde, nièce du général de Gaulle qui fut déportée.
 Pionnière du féminisme, Olympe de Gouges avait à l’époque – au printemps 2013 – été proposée par Anne Hidalgo pas encore maire de Paris. C’est dire si cette femme née à Montauban le 7 mai 1748 et guillotinée à Paris en 1793 demeure un symbole ! Auteur en 1791 de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, elle a laissé de nombreux écrits en faveur des droits civils et politiques des femmes et de l’abolition de l’esclavage des Noirs. Son manifeste plaidant pour l’égalité des sexes devint rapidement gênant et fut critiqué par les promoteurs mêmes de la révolution.
Dès son arrivée à Paris, Olympe se fond dans le milieu théâtral alors très vivace dans la capitale. Elle fonde sa propre troupe, composée exclusivement de femmes, et écrit ses premières pièces. L’Esclavage des Noirs, ou l’Heureux Naufrage, publié sous ce titre en 1792, mais inscrite au répertoire de la Comédie-Française le 30 juin 1785 sous le titre de Zamore et Mirza, ou l’heureux naufrage, remporta un certain succès. Cette pièce, audacieuse dans le contexte de l’Ancien Régime, avait été acceptée avec une certaine réticence par les comédiens du Théâtre français, qui étaient dépendants financièrement des protections que leur accordaient les gentilshommes de la chambre du roi.
Reniée par son fils !
Ce texte voulait attirer l’attention publique sur le sort des Noirs esclaves des colonies. Elle mêlait modération et subversion dans le contexte de la monarchie absolue. Rapidement, ses prises de position, ses pièces et son comportement la transformèrent en ennemie publique n° 1. Un procès lui fut intenté. Il fut univoque. Son fils, l’adjudant général Aubry de Gouges, par crainte d’être inquiété, la renia publiquement dans une « profession de foi civique ». Le procureur de la Commune de Paris, Pierre-Gaspard Chaumette, applaudissant à l’exécution de plusieurs femmes et fustigeant leur mémoire, évoque cette « virago, la femme-homme, l’impudente Olympe de Gouges qui la première institua des sociétés de femmes, abandonna les soins de son ménage, voulut politiquer et commit des crimes […] Tous ces êtres immoraux ont été anéantis sous le fer vengeur des lois. Et vous voudriez les imiter ? Non ! Vous sentirez que vous ne serez vraiment intéressantes et dignes d’estime que lorsque vous serez ce que la nature a voulu que vous fussiez. Nous voulons que les femmes soient respectées, c’est pourquoi nous les forcerons à se respecter elles-mêmes. »
Traduite au tribunal au matin du 2 novembre, soit quarante-huit heures après l’exécution de ses amis girondins, elle fut interrogée sommairement. Elle argua qu’elle était enceinte. les médecins n’eurent pas le temps de se prononcer : Fouquier-Tinville en décida autrement, plaida la mort. Elle fut guillotinée le lendemain…
Étudiée particulièrement aux États-Unis, au Japon et en Allemagne, son indépendance d’esprit et ses écrits en font une des figures de la fin du XVIIIe siècle.

 

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