Mary HARRIS JONES (1830-1930)

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Mary HARRIS JONES (1830-1930)

«Mother Jones» «Mama Jones»
1830
1930

Mary Harris est née le 1er mai 1830 à Cork, un petit village d’Irlande. Ses parents, paysans irlandais, immigrèrent en Amérique alors qu’Elieétait âgée de 7 ans. Ils s’installèrent d’abord à Toronto au Canada, où son père devint cheminot à l’époque où l’Amérique du Nord commençait à s’équiper en chemin de fer et à s’industrialiser. Elle alla en classe dans l’état voisin du Michigan, puis très jeune habita Chicago où elle devint couturière.

Elle déménagea vers Memphis dans le Tennessee où elle rencontra Georges Jones, un métallurgiste et dynamique militant syndicaliste. Ils se marièrent et eurent 4 enfants. En 1867, une épidémie de fièvre jaune s’abattit sur Memphis, tua son mari et ses quatre enfants. Alors âgée de 37 ans, Marie Harris Jones devint veuve, se consacra cette année-là à soigner les victimes de l’épidémie, puis regagna Chicago afin de se réinstaller dans la couture. Quatre ans plus tard, en 1871 le célèbre gigantesque incendie de Chicago détruisit son atelier. A 41 ans, elle se retrouva démunie de tout mais reçut du soutien de la part des Chevaliers du travail (Knights of labor) une organisation ouvrière radicale et très active de l’Amérique industrielle.

Chicago étant un grand centre industriel et le siège d’un important militantisme ouvrier. C’est ainsi qu’elle devint une militante des Chevaliers du Travail. Ses responsabilités syndicales commencent vers 1877 (elle a alors 47 ans) lorsqu’elle se rend à Pittsburgh pour aider les cheminots grévistes lors du conflit national des chemins de fer.

C’est la violence et la brutalité dont elle fut témoin lors de cette grève qui la conduisent à se dévouer tout le reste de sa vie aux ouvriers et au mouvement ouvrier. Ce sont les conditions misérables de vie et de travail des cheminots, de leurs femmes et de leurs enfants qui la conduisirent à choisir la tactique de combat qui fit sa célébrité. Dès lors, il s’agissait pour elle d’organiser des bataillons de femmes, de grévistes (cheminots ou mineurs), pour réaliser une véritable solidarité pour récolter des fonds, et des vivres, pour entretenir le jardin potager, ou faire une cantine commune. Elle organisait des défilés de femmes et d’enfants et ces «marches» étaient efficaces pour élargir la solidarité. Les grévistes exigeaient lors des négociations qu’elle soit présente en tant que «walking delegate» (déléguée mobile ou marchante), négociations pendant lesquelles elle n’oubliait jamais de poser la question du travail, des enfants et de celui des femmes. Elle fut à l’origine de la création de l’United Mine Workers, le grand syndicat des mineurs.

Les patrons des mines, des usines textiles, des moulins à coton, des chemins de fer la détestaient et la surnommaient la «Widow Lady» la veuve.

Mais parmi les ouvriers et les ouvrières, elle gagna le nom de «Mother Jones» ou de «Fearless Lady» (Maman Jones ou la femme sans peur). Elle devint une légende vivante. Lorsqu’elle apparaissait dans une ville ouvrière ou dans un champ de coton, sa silhouette revêtue d’une longue jupe noire, son grand foulard de soie noire s’attachant autour du cou, sa chevelure s’échappant d’un bonnet toujours orné de fleurs, les syndicalistes redoublaient de dynamisme, la lutte prenait de la vigueur, l’effervescence gagnait en intensité. «Maman Jones» sillonna ainsi pendant près de cinquante ans tous les Etats Unis, à la demande de travailleurs en lutte qui sollicitaient sa présence pour dynamiser les syndicats, les sittings, les marches, les grèves, les occupations de bâtiments publics avec des «bataillons de femmes et d’enfants», et pour tenir des rallyes où excellente oratrice, elle dynamisait les foules.

Et ceci, avec des conditions de transport exécrables (diligences et logements dans les taudis ouvriers).

Dans les premiers temps, lorsqu’elle arrivait à tromper la vigilance des patrons, elle se faisait embaucher soit à la fabrique de coton, soit à la mine pour partager les conditions des ouvriers, afin de mieux organiser le syndicat et son armée de femmes.

Par exemple, en 1913, âgée de 83 ans, elle se retrouve à la tête d’une marche à Calumet dans le Michigan pour soutenir les ouvriers de la mine de fer et pour organiser une marche de leurs épouses et familles. A 86 ans, elle dirige la grève des transports à New York.

A 89 ans, on la retrouve dans la grève des travailleurs de l’acier. A 91 ans, elle se rend à Mexico pour soutenir une grève et prendre la parole; la même année, elle participe à la grève des mineurs de Charlestowndans l’ouest de la Virginie et prend la parole. Lors de son centième anniversaire, ne pouvant marcher, elle fait enregistrer un discours pour s’adresser aux syndicalistes lors du 1er mai 1930.

Elle meurt le 30 novembre 1930. Une foule gigantesque assista à ses funérailles.

Six ans plus tard, en 1936, 50 000 mineurs participèrent à une cérémonie inaugurant un monument à sa mémoire dans l’illinois.
Mother Jones participa à la création du Parti Socialiste Ouvrier des

Etats-Unis et à la création en 1905 de l’lndustrial Workers of the World

(le Syndicat des Ouvriers d’industries du Monde).

Toute sa vie, elle connut les arrestations, les condamnations à la prison, mais elle ne renonçait jamais forçant l’admiration de tous et déclenchant la colère de ses supporters pour obtenir sa libération parfois après collecte d’importantes cautions.

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