LOUISE MICHEL (1830-1905)

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Née dans la Haute-Marne, fille d’un châtelain et de sa servante, Louise Michel grandit au château de ses grands-parents. Elle y reçoit une éducation libérale et une bonne instruction dans une ambiance voltairienne, qui lui permettent d’obtenir son brevet de capacité : la voilà institutrice. Mais elle refuse de prêter serment à l’empereur et ouvre alors une école privée en 1853. En 1855, elle enseigne dans une institution de la rue du Château-d’Eau. Elle écrit des poèmes, collabore à des journaux d’opposition, fréquente les réunions publiques. Sa rencontre avec Théophile Ferré la marque pour la vie.

En novembre 1870, elle est présidente du Comité de vigilance républicain du XVIIIe arrondissement. Pendant la Commune, elle est garde au 61e bataillon, ambulancière, et elle anime le Club de la révolution, tout en se montrant très préoccupée de questions d’éducation et de pédagogie. Dans la nuit du 17 au 18 mars, les troupes du général Vinoy reçoivent l’ordre de reprendre les canons des Parisiens. Mais on avait oublié les chevaux ; et les ménagères ont eu le temps de donner l’alerte. Le comité de vigilance du XVIIIe arrondissement, que dirigent Ferré et Louise Michel, monte à l’assaut de la butte Montmartre.

Et l’on voit alors d’étonnantes manifestations : femmes, enfants, gardes fédérés entourent les soldats, qui fraternisent avec la foule joyeuse et pacifique. Cependant, le soir, deux généraux, le général Lecomte qui le matin avait donné, sans être obéi, l’ordre de tirer sur les Parisiens, et le général Clément Thomas, qui avait, en juin 1848, décimé les insurgés, sont fusillés, rue des Rosiers. C’est la rupture définitive avec Versailles.

 Louise Michel comme son ami Ferré sont de ceux qui pensent qu’il faut en finir maintenant avec le gouvernement de Versailles, ils veulent poursuivre l’offensive sur Versailles pour arrêter le gouvernement  et Thiers, ils ne sont pas écouter. Thiers n’a alors que peu de troupe à opposer à la commune, cela ne durera pas , l’occasion est manquée. Louise Michel fait partie de la franche des communards la plus révolutionnaire. Volontaire pour se rendre seule à Versailles afin de tuer Thiers, la presse bourgeoise la surnomme alors la Louve Rouge.

 Faite prisonnière lors de l’écrasement de la commune, elle assiste aux exécutions, comme femme elle échappe à la peine de mort(1). Elle est condamnée le 16 décembre 1871 à la déportation dans une enceinte fortifiée. Ayant vu mourir tout ses amis et surtout Ferré, elle réclame la mort au tribunal .C’est sans doute en l’apprenant que Victor Hugo écrit son poème «Viro Major»

Arrivée en Nouvelle-Calédonie en 1873, Louise Michel date de cette époque son adhésion à l’anarchie, fidèle alors à son idéal, elle doit subir les injustices de ses gardes et de l’administration, elle s’emploie, malgré cela, à l’instruction des Canaques et les soutient dans leur révolte contre les colons. Révolte noyée dans le sang ou plutôt, brûlée dans les cendres puisque pour en finir avec les insurgés, l’administration de la colonie fait mettre le feu à la foret ou se cache les insurgés. Après l’amnistie de 1880, son retour à Paris est triomphal. «Un visage aux traits masculins, d’une laideur de peuple, creusé à coups de hache dans le cœur d’un bois plus dur que le granit… telle apparaissait, au déclin de son âge, celle que les gazettes capitalistes nommaient la Vierge rouge, la Bonne Louise» (Laurent Tailhade).

Figure légendaire du mouvement ouvrier, porte-drapeau de l’anarchisme, elle fait se déplacer les foules. Militante infatigable, ses conférences en France, en Angleterre, en Belgique et en Hollande se comptent par milliers. En 1881, elle participe au congrès anarchiste de Londres. À la suite de la manifestation contre le chômage de Paris (1883), elle est condamnée à six ans de prison pour pillage, devant le tribunal, une fois encore louise Michel utilise le banc des accusés comme une tribune politique. Dans ses prises de paroles elle essaye à chaque fois de mettre en accusation l’état bourgeois. Elle nous montre, car c’est encore valable aujourd’hui, qu’il n’y a rien à  attendre de la justice d’un état bourgeois : c’est une justice de classe, il faut donc la combattre, sans jamais s’en remettre à elle dans l’espoir (vain) qu’elle se montre juste. « Mais pourquoi me défendrais-je? Je vous l’ai déjà déclaré, je me refuse à le faire(…)Je sais bien que tout ce que je pourrai vous dire ne changera rien a votre sentence ». C’est une leçon de courage que donne Louise Michel à chacune de ses comparutions devant les tribunaux de la république. Elle n’essaye pas de convaincre ses juges, c’est inutile ils sont aux ordres, elle les défie

De 1890 à 1895, Louise Michel est à Londres, où elle gère une école libertaire. Rentrée en France, elle reprend ses tournées de propagande. Elle meurt au cours de l’une d’elles à Marseille. Ses funérailles donnent lieu à une énorme manifestation, et tous les ans jusqu’en 1916 un cortège se rendra sur sa tombe. La vie de Louise Michel est une vie de militante, elle laisse très peu d’écrits théoriques, (beaucoup de poèmes par contre) mais par contre sa vie est un exemple de lutte sans compromission avec les règles d’une république bourgeoise. C’est pour cela qu’il est aujourd’hui important de connaitre et de faire connaitre la vie de Louise Michel.

(1) de nombreuses femmes ont été fusillées lors de la semaine sanglante, mais le tribunal militaire qui juge Louise Michel, décide de lui laisser la vive sauve parce qu’elle est une femme. C’est du moins ainsi que le président du tribunal justifie la « clémence » de la cour.

 

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