Françoise Collin

Publié le

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris la mort de Françoise Collin.

En 2003, nous avons pu la convaincre d’accepter notre invitation pour le 8 mars. Elle hésitait, craignant ce long voyage et le décalage horaire. Nous étions heureuses qu’elle soit là.

Cette féministe des premières heures nous a frappées tant par la clarté de son discours, que par son engagement et sa conviction. Elle a rencontré durant ce séjour des lycéens et lycéennes l’ont écoutée et ont été captivées par son discours sur le féminise mais aussi sur Hannah Arendt sa philosophe de référence.

Elle nous demanda d’intituler notre conférence principale : « Pour un autre monde commun », ce qui nous convenait tout à fait :

« Je tiens à cette notion de monde commun. Je l’ai héritée d’une des rares femmes philosophes contemporaines, et d’ailleurs, d’une des rares femmes philosophes de l’histoire tout court, aujourd’hui assez reconnue et abondamment citée, pas toujours à bon escient : Hannah ARENDT. Elle recourt beaucoup à la notion de monde commun. Cette notion me paraît tout à fait intéressante. Elle vient remplacer et concrétiser le terme assez courant de démocratie. Démocratie fait plus théorique, plus idéologique, c’est une notion qui a déjà fait son temps et qui est moins concrète que celui de monde commun. Un autre monde commun”, me direz-vous, puisque nous vivons déjà dans un monde commun. La question est précisément que ce monde que l’on pourrait croire commun, ou mixte si on préfère, on s’aperçoit qu’il n’est pas encore véritablement commun. Le travail que nous poursuivons c’est aussi pour nous l’approprier, pour faire en sorte qu’il soit un chez nous tant pour les hommes que pour les femmes. Curieusement, ce monde commun, ce monde tant célébré par la démocratie dont nous nous honorons, est un monde qui est resté quand même, dans les faits, majoritairement celui des hommes. Un monde où des femmes ont fait peu à peu leur petit chemin, ont pris leur petite place. Mais on ne peut parler, à ce jour, d’un monde véritablement commun. »

Nous la lirons encore et encore. Sa pensée, ses écrits continueront à soutenir notre réflexion, nos actions et sa simplicité restera pour nous un modèle.

Union des Femmes de la Martinique,
Fort-de-France, le 6 septembre 2012

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